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en avoit été récompensé, à son retour, de la présidence l'Empereur. du conseil de guerre1. Je ne sais ce qu'il commit dans ^Add- s"s 497^ cette grande place ; mais il fut disgracié, relégué2, et sa présidence donnée au prince Eugène, qui la joignit au commandement des armées de l'Empereur et de l'Empire, et se trouva ainsi au comble de tout ce qu'il pouvoit prétendre3. Gela arriva à la fin de juillet4. Eugène avoit été retenu à Vienne plus tard qu'il n'auroit voulu par l'inquiétude qu'on y prenoit des mouvements de Hongrie5, où le prince Ragotzi6 s'étoit déclaré le chef des Mécontents7. Ragotzi. Son grand-père et son bisaïeul avoient été princes de Transylvanie. Sa mère avoit épousé en secondes noces le fameux comte Tekeli ; elle étoit fille du comte Serini qui
4. Voyez, en dernier lieu, nos tomes VIII, p. 294-295, et IX, p. 73.
2. C'est Dangeau qui dit, à la date du 14 juillet (p. 241) : « L'Empereur a donné la charge de président du conseil de guerre au prince Eugène de Savoie, et a relégué le comte de Mansfeld, qui l'avoit, et le comte Buccellini, chancelier d'Autriche. » Mais cette nouvelle du premier moment était inexacte : loin d'être disgracié, M. de Mansfeld reçut la charge de grand chambellan, pour laquelle il prêta serment le 30 juin (Gazette, p. 339, 361-362, 375 et 386), et, lorsque l'Empereur fit proclamer roi d'Espagne son fils Charles, l'un des premiers actes de celui-ci fut de créer grand M. de Mansfeld, avec le prince de Liechtenstein et les émigrés napolitains Caserte et del Vasto (Da?igeau, p. 323 ;Sourches, p. 200).
3. Ce fut une véritable révolution de palais, préparée depuis plusieurs mois par Eugène, qui, ne pouvant obtenir ni argent ni troupes à son gré, refusait de retourner en Italie : Dangeau, p. 106 ; Gazette, p. 339, 362 et 375; Gazette cY Amsterdam, n° lvii, correspondance de Vienne; Gazette de Bruxelles, p. 467, 468, 484, 499 et 506; Mercure de juillet 1702, p. 261-262; recueil de Lamberty, tome II, p. 629.
4. Le 28 juin. Eugène prêta serment, comme président, le 30. ;>. Ces mouvements ont déjà été annoncés p. 157.
6. François -Léopold Rakoczy (1676-1735): tome VIII, p. 309-311.
7. C'est le 24 juillet que Dangeau a enregistré cette nouvelle (p. 250) : «< Le prince Ragotski (sic) est arrivé sur les frontières de Transylvanie et de Hongrie, et s'est mis à la tête des Mécontents, qui commencent à se remuer en ce pays-là. » La Gazette a" Amsterdam annonçait ces mouvements depuis deux mois, n0' l et suivants ; comparez notre Gazette, p. 362, 387, 388, etc.
eut la tête coupée, avec Frangipani et Nadasti, en 1671, à Neustadt, pour avoir voulu se saisir de la personne de l'empereur LéopoW et s'être mis à la tête d'une grande révolte en Hongrie1. François-Léopold, prince Ragotzi, son fils, soupçonné de vouloir remuer, avoit été arrêté et mis en prison à Neustadt, en avril 17012, d'où il trouva le moyen de se sauver déguisé en dragon en novembre suivant, ayant gagné le capitaine de sa garde et fait enivrer les soldats3. Il se retira en Pologne, d'où il vint joindre le comte Berzini4, l'un des chefs des Mécontents en Hongrie5. Tous lui déférèrent la qualité de chef; ses troupes grossirent, prirent ou s'emparèrent de force châteaux et petites
1. Déjà dit en 4701, tome VIII, p. 306-309. Sur les prédécesseurs de François-Léopold, on peut voir les Mémoires de la guerre de Transylvanie et de Hongrie entre V empereur Léopold Ier, et le grand Méhêmet IV, Georges Ragotski et les autres successeurs princes de Transylvanie, publiés en 1680, par Asc. Centorio degli Hortensii.