Tome VIN, p
3. Dangeau n'ayant pas parlé de cette évasion en 1701, notre auteur en résume ici le détail donné par le Moréri, et qu'il reproduira plus textuellement en 1713.
A. Ce nom est francisé, comme ceux de Ragotzi et de Serini; cependant il devint plus tard, après naturalisation en France, Bercheny et Berchigny. La forme hongroise est Bercséniy ou Berescényi. Le Moréri donne la filiation historique de ces magnats à l'article Bercheny, Berchiny et Berseny. Nicolas, deuxième du nom, dont le père avait jadis abandonné le parti de Tœkœly, était comte de l'Empire (1689), chambellan, commissaire général, etc., et avait pris une part brillante à la guerre contre les Turcs, lorsque, en 1700, son parent Rakoczy l'avait associé à ses projets; mais il avait pu se réfugier en Pologne, où, depuis lors, Louis XIV lui faisait payer un subside annuel de huit mille livres, comme un autre, dé douze mille, à Rakoczy. Cet argent leur permit de lever le petit corps de troupes qui commença le mouvement de 1703. Quand la Hongrie fut presque entièrement occupée par les Mécontents, Bercheny devint grand général du royaume et des armées de la confédération, puis premier sénateur, palatin, lieutenant ducal, ambassadeur, etc. La confédération dissoute, il se retira en Pologne, puis en Turquie, et mourut dans ce pays, à Rodosto, le 6 novembre 1725, âgé de soixante et un ans. Son fils, établi en France dès 1712, y fit souche.
5. Rakoczy était condammé à mort par contumace, pour alliance avec la France : Gazette d'Amsterdam, 1703, n° xlii.
villes, et causoient un grand trouble, dont Vienne commençoit fort à s'alarmer1.
En ce même temps, le 28 septembre2, on eut nouvelle, par un courrier d'Usson3, d'une bataille gagnée près d'Hochstedt4 sur les Impériaux commandés par le comte de Stirum, qui avoit soixante-quatre escadrons et quatorze mille hommes de pied5. D'Usson commandoit un
1. Dangeau, p. 286, 289, etc.; Sourches, p. 175, 178, 202 et 220- 221 ; Gazette, p. 435 et suivantes. Dès la fin de l'année, les demandes des Mécontents ayant été repoussées à Vienne, Rakoczy compta quatrevingt mille hommes sous ses ordres, avec Forgats, Karolyi, Bercheny, Esterhazy, pour principaux lieutenants : voyez Y Histoire du priîice Ragotzi ou la Guerre des Mécontents sous son commandement, imprimée à Paris en 1707, et le Mémoire du marquis de Bonnac sur les affaires du Nord, publié par M. Schefer (1889), p. 51 et suivantes. Bonnac, qui rédigea ce mémoire en 1710, disait : « Il faut avoir connu les Hongrois ou les Polonois particulièrement pour savoir les profondes racines que la liberté jette dans leurs cœurs. On ne connoît qu'imparfaitement toute la force de ce nom quand on est né dans un gouvernement différent du leur. Il y a deux cents ans que la maison d'Autriche emploie toute sa puissance à priver la nation hongroise de cette liberté : elle n'en a pu venir à bout, et elle se trompe, si elle croit le faire un jour. Les enfants la portent dans le cœur en naissant, et la sucent avec le lait de leur mère. » Voici, d'autre part, la dernière mention de Dangeau qui a attiré l'attention de notre auteur (28 septembre, p. 304) : « On eut des nouvelles d'un grand soulèvement en Transylvanie. La noblesse, qui est nombreuse en ce pays-là, s'est assemblée à Klausenbourg et veut élire pour prince Kagotski, dont le grand-père et le bisaïeul ont été leurs vaïvodes. Toute cette noblesse est calviniste, presque toutes les villes sont luthériennes, et les paysans sont presque tous sociniens. »
2. La date 28 corrige 29, qui était plus exact : Dangeau, p. 305 et suivantes.