‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 270 sur 556 · De l'électeur de Bavière · texte numérisé non relu

De l'électeur de Bavière

2. François de Dienne, comte de Cheyladet, étant lieutenant-colonel du régiment de Noailles en juillet 1690, avait été fait mestre de camp du régiment du duc du Maine à la demande de ce prince, puis brigadier de cavalerie en juin 1694, et maréchal de camp en janvier 1702. Il passa lieutenant général le 7 mars 1704, eut en 1715 le cordon rouge, en 1719 le gouvernement de Briançon, et mourut dans son pays d'Auvergne, le 3 avril 1736, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Ses trois frères lui servaient d'aides de camp à Hochstedt. Villars appréciait son intelligence et son esprit d'initiative.

3. Jean de Vivans, marquis de Noaillac, fils d'un cousin germain du duc de la Force mort des suites de blessures reçues à Fleurus, était entré au service, sous son père, en 1675, et, depuis 1689, avait servi comme mestre de camp sous MM. de Duras, de Lorge, de Joyeuse et de Choiseul. Fait brigadier le 3 janvier 1696, maréchal de camp en décembre 1702 pour sa belle conduite à Friedlingue, il passera lieutenant général en octobre 1704, servira pendant tout le reste de la guerre en Flandre ou sur le Rhin, et mourra le 7 novembre 1719.

4. Jean-Baptiste, marquis de Péry (écrit ici : Pérry), fils d'un chancelier de la république de Gênes et capitaine dans un régiment corse commandé par son père de 1674 à 1678, avait pris du service en France en 1689, dans le régiment Royal-Roussillon, puis avait fait la guerre de Flandre comme colonel d'un régiment d'infanterie étranger, et était passé brigadier en janvier 1702, sous Catinat. Il sera fait maréchal de camp après la campagne de 1704, et lieutenant général en octobre

nois1, et ils2 s'y défendirent avec grande valeur. D'Usson, qui avoit vu les ennemis couler cependant vers ses retranchements, s'y porta assez à temps pour les obliger à se retirer, et, entendant en même temps redoubler très considérablement le feu du côté d'Hochstedt, il se douta que c'étoit l'Électeur et le maréchal de Villars qui arrivoient, et y porta diligemment ses troupes. Il ne se trompoit pas; il joignit la tête de leurs troupes, qui, avec ce renfort3, défirent les ennemis, qui se retirèrent fort précipitamment. L'Électeur les poursuivit deux lieues durant, et son infanterie, qui pénétra dans un bois où ils s'étoient retirés sur le chemin deNordlingue4, en fit un grand carnage. Quatre mille hommes des leurs demeurèrent sur la place; on leur en prit autant, beaucoup d'étendards, de drapeaux6 et de timbales, trente-trois pièces de canon, leurs bateaux et leurs pontons6, et tous leurs équipages : enfin, une victoire complète, qui ne coûta guères que mille hommes7. Villars envoya le chevalier de Tressemanes8, qui arriva

1705, pour sa belle défense d'Haguenau, servira jusqu'à la fin de la guerre en Allemagne, et mourra le 4 mars 1721, à soixante-quatorze ans.

1. Ce régiment d'infanterie, un « petit-vieux corps » qui valait vingtcinq mille écus, cédé, en 1699, par le marquis de Rochefort à son neveu le jeune Nangis, avait été extrêmement éprouvé à Friedlingue. Roussel en a écrit l'histoire.

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