Tout corrigé en tous
4. Ci-dessus, p. 222, et tome IX, p. 85 et 369-373. — 5. Sa corrige la. 6. C'est dans la relation de Phélypeaux citée plus loin, p. 278, que
notre auteur prend ce détail de ministres impériaux reçus clandestinement à Turin; l'un d'eux était M. d'Auersperg, qui, arrivé à Turin le 15 juillet, avec de pleins pouvoirs, s'était d'abord caché chez le marquis de Prié, puis à la campagne, pour négocier avec le duc et ses ministres (recueil de Lamberty, p. 546-556). Le fait fut connu à Versailles dès le 7 août (Dangeau, p. 262), en même temps que les gazettes de Hollande divulguaient les bases de la négociation (Sourches, p. 144). Toutefois, Victor-Amédée ne signa le traité que le 25 octobre. C'est de cette défection que Voltaire a dit : « Tout le monde est surpris qu'il abandonne à la fois ses deux gendres, et même, à ce qu'on croit, ses véritables intérêts. Mais l'Empereur lui promettait tout ce que ses gendres lui avaient refusé : le Montferrat mantouan, Alexandrie, Valence, les pays entre le Pô et le Tanaro, et plus d'argent que la France ne lui en donnait. Cet argent devait être fourni par l'Angleterre, car l'Empereur en avait à peine pour soudoyer ses armées. L'Angleterre, la plus riche des alliés, contribuait plus qu'eux tous pour la cause commune. Si le duc de Savoie consulta peu les lois des nations et celles de la nature, c'est une question de morale, laquelle se mêle peu
témoigna par deux fois à l'ambassadeur de Savoie1 ses justes soupçons : soit que ce ministre fût de concert avec son maître, ou qu'il agît de bonne foi, il répondit toutes les deux fois sur sa tête de la fidélité du duc à ses traités avec les deux couronnes2. L'éloignement de M. de Vendôme et de ce qu'il avoit mené à Trente retarda les résolutions à prendre. Vaudémont, qui sentoit qu'incontinent nous serions prévenus, ou nous préviendrions M. de Savoie, avoit quitté San-Benedetto et l'armée qu'il commandoit, sans attendre quelques jours de plus M. de Vendôme, qui arrivoit, et s'en étoit allé aux eaux3 comme je crois l'avoir déjà marqué4. Vendôme de retour avec ses troupes fort harassées par la vigilance de l'ennemi dans toute cette longue traversée, il fut question de prendre des mesures contre les perfides intentions d'un allié qui s'étoit laissé débaucher5. On fut quelque temps à les résoudre, puis à les arranger, et elles le furent avec tant de secret et de justesse, qu'en un même instant toutes les troupes auxiliaires de Savoie furent désarmées et arrêtées par notre armée. Il devoit y avoir cinq mille hommes; mais il
de la conduite des souverains. L'événement seul a fait voir à la fin qu'il ne manqua pas, au moins dans son traité, aux lois de la politique.... » (Siècle de Louis XIV, p. 333.)