Ici, l'écriture change; il y a eu un arrêt
3. Dangeau, p. 289-291, 313 et 337; Sourches, p. 474-472, 494, 202, 210 et 244 ; Gazette, p. 504, 509, 543, 549, 544, 555, 563, 566, 590, 615-647 et 646; Gazette de Bruxelles, p. 646, 628, 636, 676 et 724-725 ; Met cure galant, janvier 4703, p. 273-285; Mercure historique et politique, tome XXXV, p. 264-263, 375, 398-404 et 465-466; Gazette d' Amsterdam, n09Lxxvm, de Vienne, Lxxxi,de Marseille, lxxxh, de Vienne, lxxxix etxci, de Venise. Comparez les Voyages du sieur A. de la Motraye, publiés à la Haye en 4727, tome I, p. 323-336, etc.
4. Les janissaires étaient la garde à pied du Grand Seigneur, et les spahis la garde à cheval, plus souvent encore en lutte entre eux qu'en révolte contre le souverain (Gazette de 4632, p. 526-528, de 4650, p. 5, de 4654, p. 4282, de 4652, p. 283 et 385-394, etc.).
5. Tmnultuairement, que notre auteur n'emprunte pas à Dangeau, et tumultueusement étaient également admis par l'Académie française ; mais le premier de ces adverbes, tombé maintenant hors d'usage, emportait plutôt l'idée de désordre que celle de tumulte et de bruit. Voyez, outre les exemples cités par Littré, le Journal de Dubuisson- Aubenay, tome II, p. 222, les Lettres de Chapelain, tome I, p. 460, la Gazette du 40 mai 4634, p. 3, de 1648, p. 574, de 4649, p. 523, de 4687, p. 642, de 4699, p. 364 et 381, etc. Cependant le Mercure historique et politique de 1703, tome XXXV, p. 687, emploie le second adverbe pour les janissaires mêmes dont il est question ici, et, en 4734, la Gazette (p. 227) parle de « populace assemblée tumultueusement. »
à Andrinople1, où étoit leur empereur Mustapha2, le déposèrent, mirent sur le trône son frère Achmet, âgé de sept ans3, chassèrent le grand vizir4, et en firent un autre qui aimoit fort la guerre, que ces séditieux vouloient absolument, tuèrent le mufti fuyant vers l'Asie % et, ce qui
4. Andrinople, la seconde ville de l'empire Turc et la plus avancée de toutes en Europe, au N. 0. de Constantinople, avait été la résidence des sultans de 4362 à 4453; mais leurs sujets n'aimaient plus qu'ils s'y fixassent pour un certain temps.
2. Ce nom est en interligne, au-dessus d' Achmet, biffé. — Mustapha II, fils de Mahomet IV, né à Constantinople le 2 juin 4664, était devenu sultan le 6 février 4695, à la mort de son oncle Ahmed II. Souverain très actif et déterminé, il avait commencé par triompher de tous les ennemis de son empire, Vénitiens, Autrichiens et Russes ; mais le prince Eugène et Auguste de Saxe avaient interrompu en 4697 le cours de ses victoires, et amené la paix de Carlowitz (notre tome VI, p. 408). Depuis lors, Mustapha reportait toute son activité sur l'intérieur de son empire, les finances, le commerce, la marine, ou sur ses relations avec les Persans, Arabes, etc.; mais il avait perdu en 4704 et 4702 ses deux plus utiles collaborateurs, l'amiral Mezzomorto et le grand vizir Kiuprulu. Se voyant enfin abandonné par sa propre armée en face des janissaires révoltés, dans la plaine de Tcherpondzi, il se rendit à Andrinople pour remettre le pouvoir à son frère Ahmed, désigné par l'armée (22 août 4703), et, comme son père dix ans avant, il mourut dans la retraite ou prison qui lui avait été assignée, le 34 décembre suivant.
3. Achmet, ou plutôt Ahmed III, né le 42 décembre 4673, était, par conséquent, âgé de trente ans presque, et non de sept ; l'erreur vient de Dangeau, que notre auteur copie presque textuellement. Son premier soin, contrairement à la tradition, fut de notifier sou avènement aux princes chrétiens, et d'assurer de son appui les Mécontents de Hongrie. Après un règne de vingt-sept ans, coupé par la paix de Passarowitz et rempli de réformes, de créations ou d'expéditions glorieuses, lui aussi fut obligé par les janissaires de se démettre du pouvoir, le 4cr octobre 4730, et il mourut le 23 juin 4736.
4. Ramy-Mohammed, ancien reïs-effendi et l'un des plénipotentiaires de Carlowitz, adversaire du précédent vizir Daltaban, qui avait été tué par ordre de Mustapha parce qu'il voulait faire rompre la paix et travaillait pour la France (Gazette de Bruxelles, p. 464, 243 et 329; Mercure historique et politique, tome XXXIV, p. 264-266 et 286-288; Dangeau, tome IX, p. 289).
5. C'est par des lettres de Rome que Dangeau connut (p. 343), le 5 octobre, ces nouvelles parvenues d'Otrante à l'ambassadeur vénitien :
est incroyable d'un tel particulier, mais qui fut mandé par notre ambassadeur comme une chose certaine, on lui trouva quarante millions1. Ce mouvement, qui tendoit
« Les janissaires, les spahis et tout le reste de la milice ont déposé le Grand Seigneur Mustapha, entrant par force dans son palais. Ils ont mis en sa place son frère Achmet, qui n'a que sept ans, et lui ont juré fidélité sur l'Alcoran, le sabre, le pain et le sel. Ils ont changé le grand vizir, et en ont pris un qui aime fort la guerre. Ils avoient demandé la déposition du mufti, qui prit la fuite ; ils le rattrapèrent à Varna, sur le chemin de l'Asie, où il vouloit se retirer, et ils l'ont tué. Ils demandent qu'on les mène à la guerre. » Le mufti (juge suprême ou grand prêtre de la religion mahométane) fut décapité le 2 septembre, avec ses enfants, quoique ayant livré deux mille bourses de cinq cents piastres. 11 s'appelait Fesulla (Fezouli) et avait été précepteur du sultan. Voyez le Mémoire historique du marquis de Bonnac sur l'ambassade de France à Constantinople, que vient de publier en 1894 M. Schefer, p. 116-117. 1. Plus de trente millions, selon la Gazette. En écrivant à son frère ces nouvelles, M. de Ferriol, dit Dangeau (p. 337), ajoutait : « Ne dites point cette particularité-là ; car, quoiqu'elle soit vraie, il n'est pas vraisemblable qu'on trouve une somme aussi exorbitante à un particulier. » Le même fait s'était produit lors de la disgrâce du précédent grand vizir, au rapport de la Gazette de Bruxelles, 1703, p. 243-244 : « Il y a des lettres de Constantinople, du 9 février dernier, qui disent que, le grand vizir Daltaban-Mustapha ayant été étranglé dans la prison à Andrinople, comme il a été dit, on avoit exposé son corps trois jours de suite sur un grand chemin, et le jeté ensuite dans la rivière ; qu'on avoit confisqué tous ses effets et trouvé 2 335 bourses d'argent extorqué du bassa de Babylone et d'autres gouverneurs des provinces d'Asie qu'il soutenoit dans les avanies qu'ils commettoient dans leurs gouvernements, et que, comme onsoupçonnoit qu'outre cette grande masse d'argent, il avoit encore d'autres trésors cachés, on avoit emprisonné tous ses domestiques et familiers, pour découvrir le tout. C'est ainsi que ce fier et insatiable vizir a terminé sa vie dans le temps qu'il méditoit de lever une armée de deux cent mille combattants pour faire la guerre aux chrétiens, dont il étoit ennemi juré, et sa fin malheureuse sert de règle au reïs-effendi, qui lui est succédé dans la charge de grand vizir.... » Ce nouveau ministre, qui n'exerçait que par intérim, était tout enclin à la politique de paix. Aux dernières nouvelles de Turquie, on disait (Mémoires de Sourches, p. 210-211) : « Le nouveau sultan étoit à Constantinople, fort paisible et seulement occupé à ramasser les millions que les Anglois et les Hollandois avoient prodigués aux ministres qui avoient péri. On disoit que ces deux nations y étoient fort haïes, et qu'on avoit trouvé chez la sultane Validé, chez le mufti, le vizir
Rupture avec le duc de Savoie; ses troupes auxiliaires
arrêtées et désarmées.
à une rupture de la Porte avec l'Empereur et les autres • puissances chrétiennes, donna du courage aux Mécontents de Hongrie, et réchauffa beaucoup le parti de Ragotzi, contre lequel il fallut augmenter de troupes, à la tête desquelles le prince Eugène se mit au lieu de retourner en Italie comme il l'avoit jusque-là espéré de jour en jour2. Après s'être longtemps endormi sur les mauvais desseins du duc de Savoie malgré tous3 les avis de Phélypeaux, ambassadeur du Roi à Turin4, on ouvrit enfin les yeux, et on ne put douter qu'il n'eût des ministres de l'Empereur cachés dans sas cour, avec lesquels il traitoit6. Le Roi
Mavrocordato et autres, cent millions, qu'on destinoit à la guerre contre l'Empereur. » Le nouveau grand vizir de 1703 s'appelait Ahmed-Pacha : voyez son portrait dans le Mercure de janvier 1705, p. 383-392.