‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 28 sur 556 · Forme francisée du nom · texte numérisé non relu

Forme francisée du nom

5. Suivant l'usage, il ne fut fourni que des preuves testimoniales, quand Rosen reçut le cordon bleu en 4705. Ces pièces sont analysées dans Y Histoire généalogique, p. 656-657, et données textuellement dans le Dictionnaire de la Noblesse.

6. Cette anecdote a déjà été racontée, mais seulement en quelques mots : tome II, p. 240. On la trouve aussi dans la notice de M. Lehr, p. 47-48, dans celle du Dictionnaire de la Noblesse, tome XVII, col. 687-693, où sont relatées les premières aventures de Rosen, et dans la France protestante, tome IX, p. 68.

7. Pour que la phrase fût complète, il faudrait ici fut attiré.

8. Reinhold de Rosen Gross-Ropp, mort au château de Dettwiller

qui avoit un régiment et mille chevaux sous le grand Gustave-Adolphe à la bataille de Lûtzen1, puis sous le duc de Weimar, commanda en chef pour le Roi en Alsace2, et mourut en 1667, ayant donné sa fille3 en mariage à Rosen dont je parle. G'étoit un grand homme sec4, qui sentoit son reître5 et qui auroit fait peur au coin d'un bois, avec une jambe arquée d'un coup de canon, ou plutôt du vent du canon, qu'il amenoit tout d'une pièce; excellent officier de cavalerie, très bon même à mener une aile, mais à qui la tête tournoit en chef6, et fort brutal à

e 8 décembre 1667. Il a aussi une longue notice dans l'étude de M. Lehr et dans le Dictionnaire de la Noblesse, tome XVII, col. 687-693.

1. Bataille livrée les 15 et 16 novembre 1632, et où le roi Gustave- Adolphe mit en déroute l'armée impériale commandée par Waldstein, mais reçut trois blessures dont il mourut le lendemain (Gazette, p. 498 et 500-506).

2. L'armée dont Bernard de Saxe-Weimar était le principal chef passa à la solde de la France par un traité conclu avec le maréchal de Guébriant le 9 octobre 1639. Reinhold de Rosen, comme général-major, fut chargé, de commander la cavalerie de l'armée d'Allemagne le 16 avril 1647 (ms. Fr. 4175, fol. 275 v°), et, comme lieutenant général, reçut le commandement de l'armée weimarienne le 19 avril 1648. C'est en avril 1652 qu'il eut le commandement des haute et basse Alsace ; mais ses différends avec Turenne le forcèrent à quitter le service. Il mourut le 8 juillet 1667.

3. Marie-Sophie de Rosen épousa, le 3 février 1660, Conrad, qui était alors capitaine au régiment de son oncle, et mourut au château de Bollwiller, le 8 octobre 1686, ayant eu huit enfants, mais ne s'étant pas convertie, tandis que son mari et ses enfants avaient embrassé la religion catholique en 1681.

4. Sa maigreur paraît effectivement extraordinaire dans deux dessins lavés de son portrait de l'Ordre : mss. Clairambault 1174, fol. 83, et 1239, fol. 56.

5. Ceci a déjà été dit en 1702, quand Rosen fut adjoint au duc du Maine : tome X, p. 181.

6. Serait-ce un souvenir des conversations de Berwïck, qui fait ce portrait dans ses Mémoires (éd. 1778, tome I, p. 64-65) : « Excellent officier, fort brave et fort appliqué, très propre pour être à la tête d'une aile, mais incapable de commander une armée par la raison qu'il craignoit toujours les événements. Et, quoique très civil dans la société et très noble dans sa manière de vivre, il étoit fort sujet à se mettre en colère, et même à un tel point, qu'il en devenoit furieux; et alors il

l'armée1 et2 partout ailleurs qu'à table, où, sans aucune ivrognerie, il faisoit une chère délicate, et entretenoit sa compagnie de faits de guerre qui instruisoient avec plaisir. G'étoit un homme grossier à l'extérieur, mais délié au dernier point, et qui connoissoit à merveilles à qui il avoit affaire3, avec de l'esprit, du tour et de la grâce en ce qu'il disoit du plus mauvais françois du monde, qu'il affectoit. Il connoissoit le Roi et son foible, et celui de la nation, pour les étrangers : aussi reprochoit-il à son fils4 qu'il parloit si bien françois qu'il ne seroit jamais qu'un sot. Rose fut toujours bien avec les ministres et au gré de ses généraux, par conséquent du Roi, qui l'employa toujours avec distinction, et qui pourvut souvent à sa subsistance5. Ghâteaurenault, Vauban et lui étoient grands-croix6 de Saint-Louis7, et il fut mestre de camp général à la mort de Montclar8, qu'il vendit à Montpev-

n'étoit plus capable de rien écouter que sa passion »? Saint-Simon n'avait que la première édition de 1737, où cela ne se trouve point.

1. Ses cruautés en Irlande avaient fait grand bruit : Macaulay, Guillaume III, tome II, p. 85, etc.

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