Tomes II, p. 34 et 35, et IX, p. 36 et
gnons avoient marié leurs sœurs comme ils avoient pu. Ils étoient cinq frères1 et force filles, dont ils cloîtrèrent la plupart2, et firent deux frères d'Église, l'un évêque de Lisieux3 après son oncle paternel \ l'autre de Condom, fort homme de bien, mais rien au delà5. L'aîné n'eut que deux
1. François de Matignon (tome II, p. 34), né le 17 mars 1607, porta successivement les noms de Gacé, de Torigny et de Matignon. Mestre de camp d'infanterie dès 1627, gouverneur de Saint-Lô et Cherbourg (1638), capitaine de Granville (1639), lieutenant général en Normandie et commandant de la province (1649), lieutenant général des armées (1652), chevalier des ordres (1661), il est mort le 19 janvier 1675, ayant eu, de la riche Anne Malon de Bercy, six fils, dont quatre survivent : 1° Henri de Matignon, comte de Torigny, né en 1633, mestre de camp du régiment Royal-cavalerie, lieutenant général de la province et gouverneur des mêmes villes que son père, mort à Caen le 28 décembre 1682, père de Mme de Marsan (tome III, p. 13) ; 2° Léonor, né à Torigny le 5 septembre 1637, abbé de Lessay en 1668, aumônier du Roi en 1669, abbé de Torigny en 1676, doyen, puis évèque-comte de Lisieux en 1677, que nous verrons mourir le 14 juillet 1714; 3° Charles, comte de Gacé (1641-1674), colonel du régiment des Vaisseaux et brigadier, qui a péri, sans alliance, à Seneffe, après s'être distingué en Hongrie, en Hollande, etc. ; 4° Jacques, né le 17 mars 1643, prieur du Plessis-Grimault (1652), évêque de Condom après Bossuet (1671-1693), abbé de Foigny (1693), puis de Saint-Victor de Marseille (1703), qui mourra le 15 mars 1727 ; 5° Jacques III, d'abord chevalier de Matignon, puis comte de Torigny et auteur de la branche de ce nom : tome II, p. 134; 6° le comte de Gacé : ci-après, p. 282. — Notre auteur suit Y Histoire généalogique, tome V, p. 388.
2. C'étaient : 1° Éléonore (1634-1706), qui fut prieure des Bernardines de Torigny, abbesse du Paraclet d'Amiens en 1681 ; 2° Marie- Catherine (1636-1698), abbesse de Cordillon en 1655; 3° Charlotte (1639-1703), abbesse de Saint-Désir de Lisieux en 1668; 4° Henriette, religieuse à Cordillon; 5° et 6° Mmes de Nevel et de Coigny : ci-après, p. 282.
3. Un des six conseillers de Monsieur, selon Y État de la France. Ou a ses seize quartiers dans le recueil de J. le Laboureur (1683), planche 55.
4. Autre Léonor (1604-1680), aussi abbé de Lessay et de Torigny avant de devenir évêque de Coutances (1632), évêque-comte de Lisieux en 1646, prélat-commandeur des ordres en 1661. On a de beaux portraits de lui, gravés par R. Nantcuil et F.-L. de la Mare (1662).
5. Nous avons son éloge, par M. Ara. Autrau, dans les Mémoires de V Académie de Marseille, aimée 1871, p. 367-395.
filles, dont il donna l'aînée à son frère1, l'autre à Seignelay, qui se remaria au comte de Marsan; et le dernier frère, qu'on appeloit Gacé, nous le verrons maréchal de France2. Les deux sœurs, l'une, jolie et bien faite, épousa un du Breuil, gentilhomme breton, qui portoit le nom de Nevet, dont elle ne laissa point d'enfants3; l'autre, Coigny, père Coigny; du maréchal d'aujourd'hui4. Coigny3 étoit petit-fils d'un
STrt°m ^e ces Pe^s juges de basse Normandie qui s'appeloit
[Add. S-S. 499] Guillot6, et qui, fils d'un manant, avoit pris une de ces
petites charges pour se délivrer de la taille après s'être
1. Charlotte de Matignon, mariée à Jacques III, comte de Torigny : tome VI, p. 425. Son portrait, peint par Ferdinand Elle, est au palais de Monaco.
2. Charles-Auguste de Goyon -Matignon, né le 28 mai 1647, d'abord connu sous le surnom de chevalier de Torigny, servit, soit comme capitaine de cavalerie, soit comme colonel du régiment de Vermandois et brigadier d'infanterie, jusqu'à la mort de son troisième frère Charles, releva alors le titre de comte de Gacé, fut fait gouverneur d'Àunis en 1688, alla servir en Irlande, avec le roi Jacques II, comme maréchal de camp, et fut promu lieutenant général le 30 mars 1693. Il vient de commander l'infanterie sous le duc de Bourgogne en 1702, et a servi également à l'armée de Flandre en 1703. Nous le verrons mettre à la tête de l'expédition d'Ecosse en 1708, avec les titres de généralissime et d'ambassadeur ordinaire et extraordinaire auprès de Jacques Stuart, et le bâton de maréchal de France. En 1724, Louis XV le désigna pour le cordon bleu; mais il obtint que cette distinction fût reportée sur son fils aîné. 11 mourut à Paris, le 6 décembre 1729.
3. Anne de Goyon-Matignon, née à Torigny le 18 juillet 1650, « épousa en 1670 René, marquis de Nevet, fils de Jean, baron de Nevet, seigneur de Pouldavid en Bretagne, et de Bonaventure de Liscouët, » dit Y Histoire généalogique. Quant au nom de du Breuil, c'est celui des du Breil de Pontbriand, chez qui le titre de comte de Nevet fut porté par substitution en 1719, mais s'éteignit dès la génération suivante.
4. Marie-Françoise-Uranie de Matignon, mariée le 5 octobre 1668* à Robert-Jean- Antoine, comte de Coigny, lieutenant général de la promotion de 1693 (tome II, p. 215, et ci-après, p. 284), avait pour fils François, marquis de Coigny, plus tard duc et maréchal de France, que nous avons vu, en 1699 (tome VI, p. 429), épouser Mlle du Bordage.
5. Il écrit tantôt : Cogny, et tantôt : Coigny. <i. Ou plutôt Guillolle.
a Et non 1688 y comme il a été imprime au tome II.
fort enrichi1. L'épée avoit achevé de le décrasser2. Il regarda comme sa fortune d'épouser la sœur des Matignons pour rien, et, avec de belles terres, le gouverne-
4. C'est le quartaïeul de Coigny, le quintaïeul du maréchal, Robert Guillotte, vicomte (juge royal) du bailliage de Carentan, et son fils Thomas, greffier de l'élection de Coutances, qui furent anoblis moyennant finance en septembre 4543. Thomas devint garde des sceaux des obligations de la vicomte de Carentan. Son fils et son petit-fils furent, eux aussi, vicomtes de Carentan, ainsi que lieutenants généraux du bailliage de Cotentin; mais l'arrière-petit-fils, Jean-Antoine, dit le comte de Franquetot, père du Coigny dont Saint-Simon parle ici, suivit la carrière des armes à partir de 4618, eut une enseigne aux gendarmes de la Reine en 1644, en devint capitaine-lieutenant en 1644, fut fait maréchal de camp en 4646, combattit à Lens avec sa compagnie, y fut blessé, et fut tué enfin au combat du faubourg Saint-Antoine, le 2 juillet 4652. Voyez le Dictionnaire véridique des origines, par Laîné, tome II, p. 33-34, le Nobiliaire universel de Saint-Allais, tome X, p. 26-42, la Xe Dissertation sur Vhistoirc de France, par lo bibliophile Jacob, p. 27-28, et, en dernier lieu, le Supplément de VHisloire généalogique, par P. Potier de Courcy, tome IX, 2e partie, p. 336-337 ; comparez le dossier bleu Franquetot, n° 7384, au Cabinet des titres. Ce comte de Franquetot avait épousé, le 8 juin 4634, Madeleine Patry, dont il est parlé plusieurs fois dans les Historiettes de Tallemant comme amie intime de M. et de Mme Scarron, et comme familière de l'hôtel d'Albret (tomes IV, p. 380 et 383, et VII, p. 40 et 47). Elle mourut à Villeray, le 47 juin 4704, et, en annonçant sa mort, le Mercure du mois suivant dit (p. 64-62) : « Cette famille de Franquetot est considérable en Normandie. Il y a eu un président à mortier de ce nom au parlement de Rouen. Il étoit frère de feu M. l'abbé de Franquetot aumônier du Roi, qui a extrêmement brillé à la cour. » Le nom de l'abbé de Franquetot est lié aussi au souvenir de Scarron et de la première lecture du Roman comique. Le président de Franquetot, dont nous avons un portrait peu avantageux en 4662 (Correspondance administrative, tome II, p. 424), et qui fut maintenu dans sa noblesse par Guy Chamillart, le 29 juillet 4666, était le père de ces deux Messieurs, et avait épousé la fille de son prédécesseur le président Anzeray de Courvaudon ; ce doit être de celle-ci qu'est racontée une aventure nocturne, vers 4644, dans les Mémoires du comte de Coligny, p. 40-42. Le père du président, lieutenant général au bailliage de Cotentin, puis président du présidial de 4629 à 4636, avait épousé, sous Henri IV, nue Saint-Simon de Courtomer.