‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 294 sur 556 · Tome X, p · texte numérisé non relu

Tome X, p

9. Vingt-sept selon Dangeau, et vingt-huit selon les Mémoires militaires, p. 481.

bonne heure avec sa cavalerie seulement, si son infanterie ne pouvoit arriver, qui l'exécuta ainsi le jeudi 15, à la pointe du jour1. Ils trouvèrent le prince de Hesse, qui commandoit en chef, entre la Petite-Hollande2 et Spire, dont toute l'armée n'étoit pas tout à fait encore en bataille. On ne tarda pas à se charger. La cavalerie de leur droite mena assez mal celle de notre gauche; mais celle de la leur ne tint pas. Leur infanterie fit3 bonne contenance après sa première décharge; mais elle ne put résister à celle de ïallard, qui la chargea la baïonnette au bout du fusil4 avec tant de vigueur, que quantité de soldats ennemis furent tués dans les rangs, et qu'ils ne purent résister. Outre ces vingt-trois bataillons qui plièrent, ils en avoient encore cinq autres, qui se retirèrent sans avoir presque combattu. La victoire fut complète, et surprit agréablement le maréchal de Tallard, qui étoit fort étourdi, vers notre5 gauche, à rétablir l'ébranlement qui y étoit arrivé, et qui apprit ce grand succès de notre cavalerie de la droite et de toute l'infanterie au moment

1. Voyez la Gazette, p. 596, 603-605 et 607, la Gazette de Bruxelles, p. 761, 762, 769-770, 774-777 et 815, la Gazette d'Amsterdam, n°* xcv-xcviii, les diverses relations données dans le Mercure de décembre, p. 263-338, le Mercure historique et politique, p. 616-626 et 639-642, YHistoire militaire de Quincy, p. 125-130, le Siècle de Louis XIV, p. 343-344, les Mémoires militaires de Pelet, p. 484-486, etc.

2. Klein-IIolland. — 3. Fit surcharge b[onne\, effacé du doigt.

4. Substituée peu à peu à la pique depuis une trentaine d'années, la baïonnette française venait déjà de faire merveilles à Mùnderkingen (ci-dessus, p. 161), et, antérieurement, elle avait fort bien servi lors de la surprise de Crémone (tome X, p. 77, note 4). Le Mercure historique et politique, tome XXX.IV, p. 302, parle d'un conseil de guerre tenu au mois de mars 1703, dans lequel il fut proposé de remplacer définitivement la pique par une baïonnette s'adaptant au fusil. De son côté, le Mercure galant du mois d'octobre précédent, p. 158-168, avait publié un article sur le moyen de faire de l'épée une sorte de hallebarde en l'ajustant au bout du mousqueton. La Gazette d'Amsterdam dit aussi, en 1703 (n° xxn), que la substitution à la pique a été résolue, sauf pour l'armée de Flandre, pays moins couvert et plus propre aux batailles rangées.

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