‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 321 sur 556 · Avant ce nom, Saint-Simon a biffé cepend · texte numérisé non relu

Avant ce nom, Saint-Simon a biffé cepend

6. Nous l'avons vu, en 1702 (tome X, p. 232), repousser la tentative anglo-hollandaise contre Cadix.

7. Province de l'extrémité méridionale du Portugal, avec un titre de royaume pris par Alphonse II à la suite de son mariage avec Béatrix de Castille, qui l'avait eue en dot. Elle est limitée par le Portugal au N., l'Andalousie à l'E., l'Océan au S. et à l'O.

a voient promis1. Cependant Mme des Ursins, embarrassée de l'éclat de la retraite des deux cardinaux et de l'expulsion de tous les anciens ministres qui avoient mis la couronne sur la tête de Philippe V par le testament de Char- Nouvelle junte les II2, fit une vraie espièglerie : ce fut une nouvelle junte3, l?jJEs!^"n( , Qu'elle composa de don Manuel Arias, gouverneur du con-

[Aaa. S-i>. 506] * . .l. . ., D. ,

seil de Castille, qu elle retint par 1 autorité du roi comme il partoit pour son archevêché de Séville4, du marquis de Mancera, dont j'ai assez parlé ailleurs pour qu'il ne me reste rien à y ajouter, et de l'abbé d'Estrées comme ambassadeur de France3. Elle la conserva tant qu'elle se la crut nécessaire pour apaiser le bruit6. En attendant elle sut bien empêcher qu'il ne s'y fit rien de sérieux : elle ne la laissoit s'occuper que des amusettes d'un bas conseil, tandis que les véritables affaires se délibéroient et se décidoient chez la reine, fort souvent chez elle entre elles deux et Orry avec le roi7; puis on faisoit expédier, par

1. C'est Dangeau qui dit (p. 364) : « On mande d'Espagne que le marquis de Villadarias, qui commande en Andalousie, est entré avec six mille hommes dans les Algarves, ce qui inquiète fort les Portugais, qui s'impatientent d'ailleurs de ne voir point arriver l'Archiduc. » Comparez les. Mémoires de Sourches, p. 234-235.

2. Ci-dessus, p. 240 et 251-252. — 3. Dangeau, p. 342, 7 novembre.

4. Ci-dessus, p. 247. L& Gazette annonça (p. 614 et 638) qu'il était déchargé de la présidence, mais restait aux conseils du cabinet et d'État.

5. Selon la Gazette de Bruxelles, p. 740, cette junte tint sa première séance le 24 octobre.

6. Voyez ce qu'en dit M. Baudrillart, au tome I de son Philippe V, p. 168. D'après les lettres publiées par Hippeau dans le recueil de l'Académie de Caen, année 1862, p. 410 et suivantes, le projet était à l'étude depuis plus de six mois, et, en mars, Mme des Ursins avait obtenu que l'abbé d'Estrées y entrerait avec Arias et Mancera, choisis par Philippe V; mais on va voir que Mancera était dans l'impossibilité de siéger régulièrement. Louis XIV ne notifia son acceptation des trois noms que le 10 octobre, par une lettre qui est publiée dans ses Œuvres, tome VI, p. 137. Rivas et Canalès firent l'office de secrétaires : ci-dessus, p. 251.

7. Le 19 décembre, Torcy lui écrit que, mis en demeure de décider si elle devait se borner uniquement aux détails de la maison de la reine, le Roi a répondu que, éclairée et bien intentionnée comme elle

Rivas ou par les autres secrétaires d'État de la guerre et

des affaires étrangères1, ce qui étoit résolu, et qui avoit

besoin d'expédition. Arias seul l'embarrassoit par son

poids et sa capacité; de l'abbé, elle s'en jouoit après

s'être délivrée de son oncle2. G'étoit3 un homme bien caractère

fait4, salant, d'un esprit très médiocre, enivré de soi, de de labbé

. i ï . • d'Estrées.

ses talents5, des grands emplois et du lustre de sa famille, ^^ §*& loi) et de ses ambassades jusqu'à la fatuité, et qui, avec de; l'honneur et grande envie de bien faire, se méprenoit souvent, et se faisoit moquer de lui. Ses mœurs l'avoient exclus de l'épiscopat6; la considération des siens, surtout du cardinal son oncle, couvrirent ce dégoût par des emplois étrangers qu'il ne tint pas à lui qu'on ne crût fort importants, et où néanmoins il y avoit peu, et souvent rien à faire7. Il n'étoit pas riche, et regardoit fort à ses affaires8 : il évita de faire son entrée étant ambassadeur en Portu-

l'était, il ne pouvait s'en rapporter qu'à son propre jugement, et qu'elle ferait toujours pour le mieux.

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