‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 335 sur 556 · Le Roi l'avoit baisée aussi, » dit Dangeau · texte numérisé non relu

Le Roi l'avoit baisée aussi, » dit Dangeau

5. Ce détail incident n'est pas pris à Dangeau. Voici le récit des Mémoires de Sourches : « La duchesse d'Albe, ne pouvant encore s'accoutumer au grand fracas de la cour, vint faire incognito ses premières visites à la maison royale, après le souper du Roi. Ayant ellemême soupe chez la maréchale d'Harcourt, elle fut conduite, à onze heures, par la duchesse du Lude et la maréchale de Cœuvres, dans le cabinet du Roi, où elle fut baisée par le Roi, par Monseigneur, par le duc de Bourgogne, par le duc de Berry et par le duc d'Orléans ; et de là elle passa chez la duchesse de Bourgogne et chez la duchesse d'Orléans, où elle fut traitée de même. »

6. C'est Dangeau qui dit (p. 379) : « Elle a été reçue comme duchesse, et point comme ambassadrice, et on lui a fait l'honneur de la recevoir extraordinairement parce qu'on étoit content d'elle personnellement, et que, même durant la vie du feu roi d'Espagne, elle avoit eu des occasions de montrer son inclination pour la France, dont le duc d'Harcourt, qui y étoit lors ambassadeur, avoit rendu compte au Roi. » Aussitôt après l'arrivée du duc et de la duchesse, le duc de Gramont, puis le cardinal d'Estrées, donnèrent des fêtes pour eux : Mercure, janvier 1704, p. 324-328 et 349-350.

7. Le pluriel a été ajouté après coup. — Louis, dit le comte de Saint-Aignan, né à Versailles le 20 janvier 1690 (Dangeau, tome III, p. 56, avec note du duc de Luynes), et qui y mourra le 2 décem-

dont toutes les filles s'étoient faites religieuses à Montar- de Mortemart

gis1 excepté une seule2, la maria, tout à la fin de cette avec la fille

année3, au duc de Mortemart4, qui n'avoit ni les mœurs de Beauviiiier.

ni la conduite d'un homme à devenir son gendre5. Il étoit [Âdd.S-S. 508] fils de la sœur cadette des duchesses de Chevreuse et de

bre 4705; et Paul-Jean-Baptiste, dit le marquis de Beauviiiier, né à Versailles, le 9 août 1692, qui mourra sept jours avant son frère. J'ai déjà eu l'occasion de dire (tome II, p. 3) que deux autres fils, nés en 1691 et en 1693, étaient morts tout jeunes.

1. Il y en avait huit vivantes, dont les généalogies donnent le cursus précis ; mais quatre au moins n'étaient encore que pensionnaires ou postulantes à Montargis. L'aînée, qui avait fait profession le 23 octobre 1696, fut élue prieure perpétuelle en mai 1707, et mourut en décembre 1749; la troisième prit le voile en octobre 1699; la quatrième, dite Mlle de la Ferté, en novembre 1701 ; et la huitième, en septembre 1705. Une première fille, aînée de toute la famille, était morte à l'âge de trois ans, en 1674.

2. Celle-ci aussi, Marie-Henriette, née le 14 avril 1685, était pensionnaire à Montargis. Elle sortit du couvent pour se marier le 19-20 décembre 1703, et mourut à Paris, le 3-4 septembre 1718.

3. Dangeau, p. 358, 376 et 378 ; Sourches, p. 230 ; la Marquise d'Huxelles, p. 191-192. Selon l'usage, le Roi donna à son ministre une somme de deux cent mille livres, mais seulement à prendre sur le produit à venir des charges de la maison du duc de Berry, lorsqu'on la constituerait : Arch. nat., CM 47, fol. 212; Dangeau, p. 358; Sourches, p. 233. — Nous avons vu M. de Beauviiiier marier sa sœur consanguine au marquis de Marillac, dans les premiers jours de l'année : ci-dessus, p. 2.

4. Louis II de Rochechouart, né le 3 octobre 1681, et devenu duc de Mortemart dès 1688 par la mort prématurée de son père, fils de Vivonne (tome II, p. 7), fut fait colonel en 1702, brigadier en 1708, premier gentilhomme de la chambre, à la place de son beau-père, le 22 février 1710, et maréchal de camp en juillet, gouverneur du Havre en 1714, lieutenant général en 1720, chevalier des ordres en 1724, et mourut le 31 juillet 1746, s'étant remarié avec Mme de Combourg en 1732. Il ne se fit recevoir duc et pair que le 14 juin 1714.

5. Il avait été question, tout récemment, de lui faire épouser Mlle de Caderousse, puis la très riche fille de Guiscard, héritière de Langlée : Dangeau, tome IX, p. 55, 84, 87 et 101 ; correspondance de Louville, ci-après, p. 506. Il revenait de l'armée de M. de Boufflers et s'était distingué à Eckeren. On a l'état de ses services, de 1701 à 1713, dans le ms. Clairambault 1192, fol. 173.

Beauvillier1. Le2 désir d'éviter de mettre un étranger dans son intrinsèque entra pour beaucoup dans ce choix ; mais une raison plus forte le détermina. La duchesse de Mortemart3, fort jeune4, assez piquante, fort au gré du monde, et qui l'aimoit fort aussi5, et de tout à la cour, la quitta subitement de dépit des romancines6 de ses sœurs, et se jeta à Paris dans une7 solitude et dans une8 dévotion plus forte qu'elle, mais où pourtant elle persévéra9. Le genre de dévotion de10 Mme Guyon l'éblouit, Monsieur de Cambray la charma. Elle trouva dans l'exemple de ses deux sages beaux-frères à se confirmer dans son goût, et, dans

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