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savoir, beaucoup de lecture, beaucoup de justesse, et plus encore de séduisant; son talent et son goût étoit pour le gouvernement, lise nuisit à force de parler au Roi de ses ministres avec le dernier mépris. La hauteur l'eût dominé, si l'ambition n'eût été plus forte ; mais l'avarice surmonta l'une et l'autre. La fin de sa vie fut affreuse et longue par des apoplexies qui le rendirent muet et presque immobile, on lui laissant goûter toute l'horreur de cet état. On a soupçonné qu'il fut empoisonné en Espagne, et il est vrai que, depuis la grande maladie qu'il y eut, il ne s'étoit jamais bien remis. La peine extrême que faisoit au Roi l'odeur du tabac, et le désir extrême d'Harcourt de se lever tout obstacle aux conversations fréquentes lui fit quitter tout à coup le tabac, dont il faisoit un grand usage depuis nombre d'années. On crut que les humeurs, privées de ce cours, avoient causé ses apoplexies : on lui fit reprendre le tabac ; mais il n'étoit plus temps. Jamais son pays de Normandie ne produisit de nourrisson si délié, ni si digne d'une telle patrie.