‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 392 sur 556 · Béchameil · texte numérisé non relu

Béchameil

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4 mai 1703. — Béchameil étoit beau-père de Desmaretz qui fut depuis contrôleur général des finances après en avoir été ignominieusement chassé, et du comte de Cossé devenu duc de Brissac par la mort du frère de la dernière maréchale de Villeroy sans enfants, et père de Nointel pour qui Monsieur obtint l'intendance de Bretagne et une place de conseiller d'État. Ce Béchameil avoit été fort dans les affaires, mais avec bonne réputation, et aimoit singulièrement la bonne compagnie de la cour, qu'il attiroit chez lui par le jeu, par la chère la plus exquise, et par le goût le plus raffiné en tout. C'est lui qui a fait ce qu'il y a de plus beau à Saint-Cloud pour la maison et pour les jardins, et le Roi le consultoit quelquefois sur les siens. Il dépensa des trésors à Nointel, en Beauvoisis, où il menoit grande compagnie. Ce fut à cette occasion que le comte de Fiesque fit cette chanson si plaisante de son entrée dans Nointel, dont le refrain est: « Vive le Roi et Béchameil son favori! » du ridicule de laquelle il n'est jamais revenu, et dont le Roi, avec toute sa grave majesté, rit aux larmes. Il avoit été bien fait et au gré des dames. Il prétendit ressembler au duc3 de Gramont. Le comte de Gramont, le voyant un jour devant lui aux Tuileries, paria qu'il lui donneroit un coup de pied de toute sa force dans le cul, et que Bécha-

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