‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 391 sur 556 · Dangcau · texte numérisé non relu

Dangcau

en Angleterre, ne donne aucun rang; et de plus, il y en a plusieurs en Angleterre, et la reine d'Angleterre en avoit elle-même plus d'une à Saint-Germain. Mme Bulkeley l'étoit dès lors, dont la fille épousa depuis le duc de Berwick, et Mme Bulkeley ne fut jamais assise. Cela mit une grande jalousie entre elles deux, qui paroissoient * souvent à notre cour, quand la reine les y amenoit, et Mme Bulkeley ne s'accoutuma jamais à une telle différence, dont elle seplaignoit aussi amèrement qu'inutilement. Cette Montecuculli l'étoit par elle-même et avoit été nourrie d'enfance à Modène auprès de la reine d'Angleterre. Elle épousa demiis un gentilhomme de Bologne nommé Davia, dont le frère devint un cardinal très distingué. Pour lui, c'étoit peu de chose. Lorsque Jacques II monta sur le trône, la reine sa femme manda sa favorite d'Italie, et fit donner à son mari le titre de comte de Dalmond en Irlande. Le Roi, qui, en tout, vouloit faire plaisir à la reine d'Angleterre, et qui ne la vit suivie que d'une seule2 duchesse, la convia de choisir une autre de ses dames pour lui faire le même honneur : Davia étoit absent, étranger et léger par trop pour être fait duc par le roi Jacques, et la reine d'Angleterre fit pour elle, aux deux cours, ce que Louis XIV a fait pour MM. d'Espinoy, d'isenghien et d'autres, par ce qu'on appelle un tabouret de grâce.

Page 1