‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 399 sur 556 · Le duc de la Férié · texte numérisé non relu

Le duc de la Férié

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1er août 1703. — Le duc de la Ferté étoit fils du maréchal de la Ferté-Saint-Nectaire et d'une Angennes, la première de cette qualité qui se soit publiquement déshonorée. Il avoit épousé une fille de la maréchale de la Motte, sœur des duchesses d'Aumont et de Ventadour, qui n'en dut rien à sa belle-mère; mais le monde commençoit à y être plus accoutumé. Ils vécurent séparés, et toujours mal ensemble. Le duc do la Ferté avoit toujours servi avec distinction en capacité et valeur, mais avec de grandes disparades. Il avoit été, à diverses reprises, bien et mal avec le Roi, et jamais avec indifférence. C'étoit le plus agréable et le plus fort débauché de son temps, qui a tué bien des gens à table, où il avoit bien plus d'esprit qu'ailleurs ; du reste, incapable de rien de suivi ni de sérieux, et se moquant volontiers de tout. 11 mourut fort pénitent, et fort changé les dernières années. Son frère s'étoit fait jésuite malgré le maréchal, et s'en repentit bien par les suites. Il fut grand prédicateur, et même directeur ; mais il se barbouilla dans sa compagnie, et ne s'y raccommoda jamais bien. Il avoit aussi beaucoup d'esprit, plus que son frère, et qui auroit été tourné comme le sien ; tous deux bien faits et de fort bonne mine.

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