‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 415 sur 556 · Cette dame, en interligne, corrige Elle · texte numérisé non relu

Cette dame, en interligne, corrige Elle

princes et princesses du sang, par le premier valet de chambre et par la première femme de chambre seulement. Outre la chemise et la serviette à laver, on appelle les honneurs les mouchoirs, gants, coiffes, éventails, boites à mettre dans la poche, qui se présentent à la h'n de la toilette sur une soucoupe garnie et recouverte d'un grand taffetas, qui s'appelle une salve1; pareillement le verre et la serviette, s'il en est question hors les repas.

503. Pracomtal, Calvo et le marquis de Beaumanoir tués à Spire.

(Page 302.)

20 novembre 1703. — Pracomtal étoit un officier de mérite, de valeur, de capacité, gendre de Montchevreuil, fort protégé de Mme de Maintenon et fort attaché au maréchal de Boufflers, et qui auroit, avec le temps et justice, fait une fortune. Le marquis de Beaumanoir ne porta pas loin un mariage chargé de la malédiction paternelle ; en lui finit ce nom ancien et illustre. Calvo étoit aussi pour cheminer, et fut fort regretté.

504. Le duc de Vendôme et Tessé à Vannée d'Italie. (Page 307.)

30 décembre 1703. — Le maréchal, allant en Savoie, et on le lui a souvent ouï raconter en mêmes termes du Roi qu'on trouvera ici, étoit averti que ce n'étoit qu'en passant et qu'il y auroit une armée en Italie. M. de Vendôme, assuré d'en commander, avoit cessé ses poursuites pour être fait maréchal de France, que le Roi avoit bien reçues, jusqu'à être prêt à le faire, puis lui dit que cela ne lui convenoit pas, mais qu'il n'y perdroit rien. Depuis, étant à la tête d'une armée, il tenta d'obtenir une patente pour commander aux maréchaux de France : dont il fut refusé avec une sorte d'indignation. Cette campagne-ci, il hasarda une autre demande : ce fut de représenter qu'il avoit désiré d'être maréchal de France, et, avec ce qui s'étoit passé là-dessus, que, s'il l'avoit été fait, il auroit son ancienneté parmi eux, et que, s'il avoit le dégoût d'obéir à ses anciens, il en seroit dédommagé en commandant à ses cadets; que, puisque le Roi, n'ayant pas jugé qu'il convînt de lui donner le bâton, lui avoit promis qu'il n'y perdroit rien, et avoit eu la bonté de le mettre à la tête de ses armées, il demandoit au moins une patente qui lui donnât le commandement sur les maréchaux de France moins anciens lieutenants généraux que lui, et auxquels ils auroit commandé, s'il avoit été maréchal de France : sans quoi il perdroit beaucoup en effet à ne l'avoir pas été, puisque, à raison du grade de maréchal de France, il pouvoit arriver qu'il obéiroit à ses cadets. Toutes plausibles que fussent ces raisons, le maréchal de Villeroy, à qui le

Page 1