‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 426 sur 556 · Un blanc dans le manuscrit; c'est l'Addition précédente · texte numérisé non relu

Un blanc dans le manuscrit; c'est l'Addition précédente

déjà illustre par son éloquence en chaire, fit son oraison funèbre, et en trouva un texte si heureux pour un magistrat mort dans la retraite volontaire, qu'on ne peut s'empêcher de le mettre ici : Conterebam molas iniqui, et de dentibus ejus aufertbam prsedam, dicebamque : In nidulorneo moriar*.

514. La Rcynie et Varchevcque de Reims se disputent le décanat du Conseil.

(Page 353.)

29 décembre 1703. — On a vu ailleurs le droit des pairs et des ducs d'entrer et d'opiner au conseil des parties, et comment, faute d'usage et d'en croire le chancelier Séguier, il s'est anéanti. On a vu aussi la faute des pairs d'y entrer à autre titre que leur dignité, commise par l'archevêque-duc de Reims dont est ici mention, le premier, et puis, à son exemple, par l'évèque-comte de Noyon*. On se contentera donc de dire ici que M. de la Reynie trouvoit fort amer d'être privé par Monsieur de Reims de l'avantage du décanat; qu'il avoit tout sans cette raison, comme la place vis-à-vis du Chancelier, qui demeure vuide, si elle n'est remplie par le doyen ou par un pair ou duc, même à brevet, comme M. de Vitry, qui l'étoit, et en même temps conseiller d'État, l'eut toujours, et au-dessus du doyen, comme le salut entier du chapeau du Chancelier, qui ne se découvre que pour les pairs, les ducs et le doyen seul ; enfin, ce qui est particulier au doyen, la visite en cérémonie de chaque nouveau chancelier une fois, et certains bureaux considérables et utiles, avec le double des gages de conseiller d'État, chose fort au-dessous de la dignité, du loisir et des richesses de l'archevêque de Reims. Celui-ci répondit qu'il étoit vrai qu'il avoit le salut du Chancelier en prenant sa voix, comme le doyen l'avoit, et la séance, non seulement de doyen, mais au-dessus du doyen; qu'il étoit au-dessus, du reste, de ce qui est particulier au doyen, mais qu'il ne lui étoit pas permis, pour avoir, comme duc-pair, une séance et des honneurs fort distingués des autres prélats conseillers d'État, de ne revendiquer pas un droit qui leur étoit commun avec lui, et de les priver du décanat parce que lui n'en avoit pas besoin. Il tint ferme à le disputer, et on verra qu'il fut décidé en sa faveur.

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