‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 43 sur 556 · Rechercher corrigé en recherché · texte numérisé non relu

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4. Sept mois après la promotion, le 28 août 1703, Louville écrivait à M. de Torcy : « Je vous dois un très ample remerciement de nous avoir défaits des durs et fades maréchaux d'Harcourt et de Tessé, et d'avoir substitué le neveu à l'oncle malgré toute leur cabale. Celui des deux qui est le fade, et qui n'est pas moins méchant que l'autre, a écrit aujourd'hui à Monsieur le cardinal (d'Estrées) la plus jolie et la plus fade petite lettre que vous ayez jamais vue de votre vie. Elle roule presque toute sur l'esprit de Pavese (?), qu'il mande à Monsieur le cardinal avoir vu et entretenu longtemps, et il assure qu'il a trouvé dans ce valet ce qui arrive toujours à ceux qui approchent d'elle, c'est qu'ils ont dans leur sphère beaucoup plus d'esprit que les autres hommes. Cela n'est-il pas bien troussé?... »

5. On peut apprécier la valeur de ce jugement d'après les pièces de sa correspondance publiées soit dans les Mémoires de Tessé, soit dans le recueil de M. de Rambuteau, dans les Mémoires militaires, etc.

sut profiter de ses bassesses auprès du maréchal de Villeroy, de Vendôme, deVaudémont, et par ses souplesses auprès de Chamillart, de Torcy, des Pontchartrains, de Desmaretz, surtout auprès de Mme de Maintenon, chez qui Chamillart d'un côté, et Mme la duchesse de Bourgogne de l'autre, l'initièrent. Il sut tirer un merveilleux parti du mariage de cette princesse qu'il avoit conclu, et de toute la privance que la tendresse du Roi et de Mme de Maintenon lui avoit donnée avec eux : elle se piqua d'aimer et de servir Tessé comme ayant été l'ouvrier de son bonheur1; elle sentit qu'en cela même elle plaisoit au Roi, à Mme de Maintenon, à Mgr le duc de Bourgogne, et Tessé en sut bien profiter2. Elle ne laissoit pas d'être quelquefois peinée, et même embarrassée3 des pauvretés qui lui échappoient souvent, et de l'avouer à quelquesunes de ses dames du palais. L'esprit n'étoitpas son fort; un grand usage du monde y suppléoit, et une fortune toujours riante, et ce qu'il avoit d'esprit tout tourné à l'adresse, la ruse et les souterrains, et tout fait pour la cour*. 11 se retrouvera en plus d'un endroit dans la suite.

1. C'est ainsi qu'en 1702, elle s'était opposée à ce que le Roi fît une promotion de maréchaux où Tessé avait été oublié : tome X, p. 42. On avait parlé ensuite de lui pour la charge de capitaine des gardes : ci-après, p. 70, note 4.

2. A la fin d'une lettre publiée en premier lieu par la Beaumelle, Mme de Maintenon, parlant de la promotion de 1703, écrivait au cardinal de Noailles : « Ce que vous me dites de la promotion m'afflige. Mme la duchesse de Bourgogne a fait M. de Tessé, et moi, je n'ai pu faire le cousin de 59! 11 me semble que le public n'auroit point été surpris : il a plus de service, de réputation, de capacité, et un plus beau nom que le comte de Rosen et d'autres, etc. » Lavallée nous apprend (Correspondance générale, tomeV, p. 186-187) que toute cette fin n'existe pas dans l'original et doit être de la fabrication de la Beaumelle. M. le comte de Rambuteau a publié les lettres de remerciement du maréchal à ses deux protectrices.

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