Ci-dessus, p. 30-34, et Addition n° 458, p
-2. Cette partie de la notice, sur le « vieux Rosen, » a été donnée j>;u Chéruel, dans ses Lettres de Mazarin, tome III, p. 50v2, note.
lorsqu'il fut maréchal de France. 11 continua de servir en Flandres, où il se distingua à tous les sièges, actions et batailles qui y furent fréquents jusqu'à la paix de Ryswyk. Au fameux et superbe camp de Compiègne, il commanda la moitié de l'armée contre le maréchal-duc de Boufflers à la tête de l'autre, pour une bataille feinte entre ces deux corps, et, quoique feinte, eut grand peine à reculer quand il en fut temps, comme on en étoit convenu. Il en eut deux cent mille livres de gratification. Il étoit grand croix de Saint-Louis.
« C'étoit un homme de beaucoup d'esprit, avec un air plus que militaire, qui dépensoit fort noblement à la guerre. Son défaut étoit de ne connoitre plus personne le cul sur la selle, et d'avoir le commandement précipité, et, pour rien, fort en colère ; du reste, l'homme du monde qui menoit le mieux une1 aile et qui secouroit le mieux un général. Il parloit mal françois, et étoit soupçonné de l'affecter pour faire valoir sa qualité d'étranger. Extrêmement brave, et, pied à terre, poli avec noblesse, connoissant et distinguant son monde, et ayant du délié, et du souple même au besoin; à tout prendre, un fort galand homme. Il avoit perdu sa femme en 1686, et marié son fils unique, en 1698, à une Grammont de Franche-Comté, fille de qualité et de vertu, habile au dernier point en tout genre, et qui a tout valu à cette famille. Le maréchal l'aimoit aussi beaucoup. Il fit une très digne fin. Hors d'état de servir par son âge, il se retira en son château de Bollwiller, en Alsace, où tout ce qu'il y avoit de meilleur en noblesse des deux côtés du Rhin pendant la paix, et parmi les officiers, étoient très bien reçus. Au bout de deux ou trois ans de cette vie, il voulut songer plus sérieusement à une meilleure, bâtit un joli petit logement pour lui tout seul au bout de son parc, et s'y retira. Là, il ne recevoit personne ; mais il alloit souvent passer une heure avec la compagnie au château. Sa bellefille se mêloit de tout, et lui de rien que de prier Dieu et de bonnes œuvres dans cette sage solitude. Il montoit seulement deux heures à cheval tous les matins pour sa santé, et venoit tous les ans passer huit ou dix jours à Paris, dont la moitié étoit pour Versailles ou Fontainebleau, sans séjourner davantage. Le Roi aimoit ce soin, et le traitoit toujours avec distinction, ainsi que toute la cour. Il avoit abjuré le luthéranisme dès 1681. Il mourut dans sa retraite et dans ses exercices de piété, où il persévéroit depuis douze ou quinze ans, dans son petit pavillon, à Bollwiller, 3 août 1715, à quatre-vingt-sept ans. Son fils est lieutenant général, et ses petits-fils ont des régiments. Il avoit marié une de ses filles à Rottenbourg, et celui qui a été ambassadeur de France en diverses cours, et qui est mort chevalier de l'Ordre, si riche et sans enfants2, étoit son petit-fils.
« Je ne parlerai point ici de sa naissance et de sa descendance ; je me contenterai de dire que M. le prince de Conti me conta, à son retour