Avant ce mot, Saint-Simon a biffé : des pres
LE CARDINAL BONSY. 435
Béziers. Sa mère étoit Christine Riario, de fort bonne maison. 11 naquit à Florence, 18 avril 4634, et fut élevé auprès de l'évêque de Béziers son oncle. Le cardinal Mazarin l'affectionna comme Italien, et, l'ayant voulu connoitre, il lui trouva beaucoup d'esprit, d'insinuation, de douceur et d'agrément, avec une figure extrêmement agréable, et le jugea propre aux négociations, auxquelles en effet il excella. Il se fit encore plus connoitre à lui aux conférences de Saint-Jean-de-Luz pour la paix des Pyrénées, où il fut ambassadeur du grand-duc, et où il eut l'évêché de Béziers et l'abbaye d'Aniane par la mort de son oncle. Peu après, il traita et conclut le mariage de la seconde fille de Gaston avec le grand-duc, et la conduisit à Florence avec la qualité d'ambassadeur du Roi. Il fut de là, avec la même qualité, à Venise, où il obtint, avec beaucoup d'adresse et de difficulté, passage sur les terres de la République pour le secours que le Roi envoyoit en Hongrie sous M. de Coligny, qui y fut si glorieusement utile, et qui en recueillit une si étrange ingratitude. Étant encore à Venise, ce prélat fut nommé à l'ambassade de Pologne pour détourner Casimir d'en abdiquer la couronne. Ceprince lui donna, avec l'agrément du Roi, sa nomination au cardinalat, et, peu après le retour de Monsieur de Béziers en France, il abdiqua. Monsieur de Béziers fut renvoyé ambassadeur en Pologne pour l'élection. Il eut le bonheur d'y rompre les mesures de la maison d'Autriche, de faire revenir les Polonois de la résolution qu'ils avoient prise de n'élire qu'un prince étranger, et de leur persuader de choisir pour roi Michel Wisniowïecki. A son retour, il eut l'archevêché de Toulouse, et alla ambassadeur en Espagne, où il réussit fort bien.
« Enfin, le tour des petites couronnes étant arrivé, il fut cardinal, incontinent après grand aumônier de la Reine, par la mort de la Rivière évêque-duc de Langres l, enfin archevêque de Narbonne. 11 se trouva au conclave de l'élection d'Innocent XI, d'Alexandre VIII et d'Innocent XII, avec la confiance du Roi, et l'estime et l'affection de la cour de Rome, et fut le lien entre ses confrères les cardinaux françois.
« Il fut longtemps le roi du Languedoc, et toujours les délices de cette grande province. Il y joignit toujours la politesse, la facilité de l'accès, la douceur, la magnificence, la joie d'obliger, le désir de le pouvoir faire, la douleur et l'honnêteté des refus, avec une insinuation et une accortise telle, que, sans faire sentir aucun poids, il y étoit le maître de toutes les affaires et de toutes les grâces, sans avoir la plus légère dispute avec personne. Il avoit marié sa sœur au marquis de Castries, à qui il valut le gouvernement de Montpellier, qui a passé à son fils et à son petit-fils, la lieutenance générale de Languedoc, c'est-àdire une des trois, et l'ordre du Saint-Esprit à la promotion de 1661, qu'il n'eut, lui, qu'en celle de 1688.
« C'est à lui que le cardinal Fleury, fameux par son incroyable fortune, en doit les commencements. Il protégea son père, receveur des