‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 468 sur 556 · Après «, li a biffé la mort du card. Birague · texte numérisé non relu

Après «, li a biffé la mort du card. Birague

son office de chancelier de France fut donné à M. de Cheverny, qui lui fit faire un beau tombeau. L'orageuse année 4588 ayant enfin acculé et poussé à bout Henri III, il se résolut à perdre les Guises et à changer tout son Conseil, qui étoit à eux. Le chancelier de Cheverny fut congédié comme les autres, et par même raison, et les sceaux donnés à Montholon1, qui n'avoit jamais eu aucune charge de judicature, mais qui s'étoit fait une grande réputation dans sa profession d'avocat au Parlement et dans ses places de directeur des affaires d'Éléonor, veuve du roi François Iflr, sœur de Charles V, et de procureur général de la reine Elisabeth d'Autriche, veuve de Charles IX. Montholon, garde des sceaux, fit l'ouverture des derniers états de Blois, 16 octobre, où, deux mois après, les duc et cardinal de Guise trouvèrent la fin de leurs vies et de leurs crimes. Il tint les sceaux jusqu'à la mort d'Henri III, qu'il les remit, de son propre mouvement, au cardinal de Vendôme, chef du Conseil du Roi, et, resté à Tours, il y mourut, un an après et plus, en octobre 1590. Le cardinal de Vendôme ne scella qu'en plein Conseil. En décembre même année, Henri IV, étant2 au siège du Mans, lui envoya demander les sceaux par Beaulieu Ruzé, secrétaire d'État3, et les rendit au chancelier de Cheverny, qui, dès le mois d'août précédent, avoit été rappelé de sa maison d'Éclimont, en Beauce, où il avoit passé tout le temps de son exil. Il les conserva le reste de sa vie, avec beaucoup de considération et de crédit. Il mourut en cette même maison d'Éclimont, 30 juillet 1599, à soixante-onze ans. Il s'étoit détourné de la route de la cour, qui faisoit un voyage, pour y passer quelques jours. Il portoit depuis longtemps une descente, auxquelles alors on ne connoissoit guères de remèdes : il lui en arriva un accident, et il en mourut assez promptement4. M. de Bellièvre fut chancelier de France après lui.

« M. de Cheverny, quoique chancelier de France, étoit gouverneur d'Orléanois dans toute la vaste étendue de ce gouvernement s, étoit savant, et encore plus homme liant, adroit, d'esprit et d'intrigue, et ne haïssoit pas le beau sexe. Il s'appeloit Philippe Hurault.

« Cette famille est connue, avec filiation suivie, dès avant 1350. Elle a fait huit branches ou rameaux, et c'est un mélange singulier de bas emplois de finances et de robe avec d'honnêtes, d'emplois militaires, des ambassades6, de grands et nombreux bénéfices, et d'alliances basses, honnêtes et considérables7, et de quelques-unes grandes, qu'on va tâcher de dépouiller légèrement8....

« Le chancelier de Cheverny, gendre et beau-frère de ces grands

1. Celui-ci a sa notice dans Y Histoire généalogique, tome VI, p. 519.

2. Le commencement d'estant surcharge luy. — 3. Ci-dessus, p. 455-45G.

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