‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 473 sur 556 · Le 13 septembre · texte numérisé non relu

Le 13 septembre

M. de Puysieulx, secrétaire d'État1.

n M. de Puysieulx, Pierre Brùlart2, fils du chancelier de Sillery....

« M. de Sillery, depuis chancelier, fut une des meilleures têtes et des plus honnêtes hommes de son temps....

« Le fils fut M. de Puysieulx cause de cet article3. Il suivit son père à Rome, et, à son tour, il fut admis à travailler sous M. de Villeroy. Cet habile homme de cour et d'État, qui avoit été chassé après les Barricades de Paris, 1588, à cause de la Ligue, dont il étoit grand fauteur, et sa charge donnée au sieur Ruzé de Beaulieu, avoit [su] si bien faire, que, par cette même Ligue tombante par pièces devant Henri IV, il sut entrer dans sa confiance par ses services et redevenir secrétaire d'État en 1594, par la mort du sieur Revol, et reprendre plus de crédit [que] jamais, jusqu'à sa mort à la fin de 1617. M. de Puysieulx lui plut dans son travail, et il en fit le mariage, 1606 4, avec une fille du premier lit de son fils d'Alincourt, et lui et M. de Sillery, dès lors garde des sceaux, obtinrent en même temps la survivance de la charge de M. de Villeroy de secrétaire d'État pour M. de Puysieulx, et, l'année suivante, 1607, la charge de grand trésorier de l'Ordre, sur la démission du sieur Ruzé de Beaulieu, secrétaire d'État.

« Après la mort d'Henri IV, il eut toute la confiance de la Reine régente pour le double mariage d'Espagne, où il fut ambassadeur extraordinaire. Le maréchal d'Ancre, jaloux du poids de ce triumvirat dans les affaires, du Chancelier et de M. de Villeroy, qu'il appeloit les Barbons, et de Puysieulx en troisième, fit chasser le Chancelier et son fils, et fit secrétaire d'État Mangot à sa place, qui, au bout de quatre mois, ayant eu les sceaux, M. de Richelieu, évêque de Luçon, fut secrétaire d'État, puis congédié au bout de cinq mois, à la mort du maréchal d'Ancre, et M. de Puysieulx rétabli dans sa charge, et son père rappelé en même temps, c'est-à-dire 1er mai 1617, jusqu'en 16245, que le cardinal de Richelieu fit chasser le père et le fils pour la dernière fois. M. [le] Beauclerc fut pourvu de sa charge de secrétaire d'État sans démission. On se contenta d'offrir les cent cinquante mille livres de brevet de retenue qu'avoit M. de Puysieulx, dont il ne voulut pas ouïr parler, non plus que de se démettre. M. Servien en ayant été6 pourvu, tout à la fin de 1630, par la mort de Beauclerc, M. de Puysieulx refusa encore de donner sa démission, et, M. des7 Noyers l'étant devenu par

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