Il était nommé à l'évêché depuis le mois d'avril
rendu sa réputation immortelle1. 11 mourut à Grenoble, peu avancé en âge, mais consommé d'étude et de travail, 15 août 1630, député, avec d'autres prélats de l'assemblée du clergé, vers le Roi, qui étoit lors à Lyon. ■
M. de la Vrillière, secrétaire d'État*.
« M. de la Vrillière3, Louis Phélypeaux, secrétaire d'État après sou père, en juin 1629, acheta la charge de l'Ordre de M. d'Achères, 1er avril 4643, six semaines avant la mort de Louis XIII. Il étoit second4 fils de Raymond, seigneur d'Herbault et de la Vrillière, lequel5 Raymond étoit frère aîné de Paul, seigneur de Pontchartrain, secrétaire d'État, et, quoique aîné, le survécut et eut sa charge de secrétaire d'État, qu'il transmit à son fils, duquel il s'agit ici, qui eut dans son département toutes les affaires de la religion prétendue réformée. Ce M. de la Vrillière est père de M. de Châteauneuf, grand-père de M. de la Vrillière, bisaïeul de M. de Saint-Florentin, tous secrétaires d'Étal de la même charge jusqu'à celui d'aujourd'hui, et que nous verrons tous greffiers de l'Ordre; et Paul, seigneur de Pontchartrain, secrétaire d'État, eut cette charge en avril 1610, qu'avoit M. Forget, seigneur de Fresnes, par la protection de la reine Marie de Médicis, dont il étoit secrétaire des commandements6, un mois avant la mort d'Henri IV, et a été le premier secrétaire d'État de cette famille. Il mourut à Castelsarrasin, en 1621, pendant le siège de Montauban, à cinquante-deux fans], et laissa un fils de huit ans, à qui sa charge de secrétaire d'État fut donnée, et l'exercice à son oncle jusqu'à ce qu'il eût un âge compétent. L'oncle la garda, et la fit passer à sa postérité jusqu'à aujourd'hui. Le neveu fut président en la Chambre des comptes, et c'est le père du chancelier de Pontchartrain, qui ne l'a jamais oublié, et qui, venu en places principales à la cour, n'avoit que des bienséances avec M. de Châteauneuf, dont celui-[ci], en bien moindre posture, étoit fort embarrassé. A sa mort pourtant, il servit de père à son fils, et l'amitié s'y remit, mais non pas sans lui avoir ouï reprocher plusieurs fois à M. de la Vrillière le rapt de la charge de son père, entre sérieux et plaisanterie, et plus d'aigre que de doux, au grand embarras de l'autre7.
1. Tous ces détails ne sont empruntés ni à l'Histoire généalogique, ni au Moréri (ce dernier dictionnaire ne parle que de divers ouvrages sur l'antiquité ecclésiastique), mais se retrouvent dans Y Histoire de Berry, par la Thaumassière, p. 83t. Voyez les Lettres inédites de G. de l'Aubespine à Peiresc, publiées, en 1883, par M. ïamizey de Larroque.