‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 49 sur 556 · Voyez la suite des Mémoires, éd. 1873, tome IX, p · texte numérisé non relu

Voyez la suite des Mémoires, éd. 1873, tome IX, p

4. Catherine de Bonne d'Auriac et de Tallard, mariée àRoger d'Hostun, marquis de la Baume, le 18 mai 1648, et morte deux mois avant son mari, qu'elle étoit venue voir à Lyon, dans le mois de septembre 1692 (Dangeau, tome IV, p. 174 et 197 ; Sourches, tome IV, p. 128). C'est à cette marquise de la Baume, fort maigre, galante, débauchée, friponne, espionne, méchante langue, une des maîtresses de Bussy, à qui elle déroba le manuscrit de Y Histoire amoureuse des Gaules, maîtresse aussi de Louvois et son agente, qu'on attribue définitivement le cynique billet à Foucquet : « Offrez-moi dix mille écus, et je verrai ce que j'aurai à faire, » que Conrart avait mis au compte de Mme Scarron, d'autres à celui de Mme d'Offémont. Une lettre d'elle est imprimée dans les Lettres des Feuquières, tome III, p. 288. Son portrait est dans les Mémoires de Mademoiselle, dans ceux de Daniel de Cosnac, de Bussy -Rabutin, etc. Tallard, son fils, avait dû la chasser en 1679 et lui refuser tout secours (Lettres des Feuquières, tome V, p. 27).

5. Marie de Neufville- Villeroy, sœur du gouverneur de Louis XIV, épousa en premières noces, le 15 juillet 1631, Alexandre de Bonne, comte d'Auriac et de Tallard, lieutenant général au gouvernement de Lyonnais, et en secondes noces, le 13 mars 1640, Louis de Champlais, baron de Courcelles. Elle mourut à Paris, le 17 juillet 1688, âgée de près de quatre-vingts ans, ayant une pension de trois mille livres depuis 1686. Son second mari était mort à Courcelles, le 23 avril 1659, portant un titre de maréchal de camp et possédant une charge de lieutenant général de l'artillerie de France.

6. Il confond cette dame de Courcelles avec sa belle-fille Sidonie

frère en 1685. La mère de Tallard étoit fort du grand monde. Tallard, nourri dans l'intime liaison des Villeroy et courtisan du second maréchal, s'initia dans toutes les bonnes compagnies de la cour1. G'étoit un homme de médiocre taille, avec des yeux un peu jaloux2, pleins de feu et d'esprit, mais qui ne voyoient goutte; maigre, hâve3, qui représentoit l'ambition, l'envie et l'avarice; beaucoup d'esprit, et de grâces dans l'esprit, mais sans cesse battu du diable4 par son ambition, ses vues, ses menées, ses détours, et qui ne pensoit et ne respiroit autre chose. J'en ai parlé ailleurs, et j'aurai lieu d'en parler plus d'une fois encore. 11 suffira de dire ici que qui que ce soit ne se fioit en lui et que tout le monde se plaisoit en sa compagnie. Harcourt. Harcourt5,: j'en ai beaucoup parlé en divers endroits, et

j'aurai occasion d'en parler bien encore; je pense en avoir assez dit pour le faire connoître6. C'étoit un beau et vaste I génie d'homme, un esprit charmant, mais une ambition sans bornes, une avarice sordide, et, quand il pouvoit prendre le montant7, une hauteur, un mépris des autres, une domination insupportable; tous les dehors de la vertu, tous les langages; mais, au fonds, rien ne lui coûtoit pour arriver à ses fins; toutefois8, plus honnêtement corrompu qu'Huxelles, et même que Tallard et Tessé; le plus adroit de tous les hommes en ménagements et en souterrains9, et

de LeDoncourt, mariée en 1666 et morte en 1685, dont les galanteries remplissent des Mémoires édités plusieurs fois depuis 1805.

1. Comparez la suite des Mémoires, éd. 1873, tomes IV, p. 443, et IX, p. 445-446.

2. Des yeux qui se regardent l'un l'autre, comme jalousement.

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