était veuf depuis trois mois : tome X, p
4. Marie-Renée de Rommilley (ici, Romillé), âgée de dix-sept ans, fille du marquis de la Chesnelaye, filleul du Roi et gouverneur de Fougères, et d'une Belleforière-Soyeeourt, fut mariée le 29 janvier 1703 (contrat des 23 et 24 : Arch. nat, Y 276, fol. 273; Dangeau, tome IX, p. 101, 103 et 107; Mercure de février, p. 80-88; Gazette de Bruxelles, p. 79), et mourut le 7 mars 1742. Voyez la généalogie dans le Moréri et l'article cité du Mercure. Par sa tante paternelle, Mlle de la Chesnelaye était cousine de Tourville. Le mariage fut célébré chez Mme de Soyecourt : ms. Nouv. acq. fr. 3618, n° 3671.
5. Ces deux derniers mots ont été ajoutés en interligne, parce que Dangeau insistait sur la fortune. Il en sera encore parlé à la fin.
6. C'est encore Dangeau qui rapporte cela. Le Roi, néanmoins, signa au contrat, et la nouvelle mariée prit son tabouret chez Mme de Maintenon le 8 février : Sourclies, p. 11, 12 et 22.
7. Il a déjà été parlé de celte hostilité déclarée : tome VI, p. 412.
8. En 1730, Mathieu Marais racontant au président Bouhier qu'il a diné chez la duchesse de Gesvres, « dame quiseconnoît bien au simple, au naturel, aux grâces, sait toutes les bonnes choses, et il n'y paroît point, » Bouhier répond : « C'est apparemment celle qui avoit épousé le vieux duc grand-père de votre gouverneur d'aujourd'hui. Je ne l'avois pas ouï mettre au rang des beaux esprits ; mais il me semble qu'elle
pourtant bien et en femme d'esprit : elle se rendit si bien maîtresse de celui de son mari, qu'elle le raccommoda avec son fils, lui fit signer une cession de ses biens, pour qu'il ne se ruinât pas davantage, et la démission de son duché avant l'année révolue1; on admira comment elle avoit pu en venir à bout. Aussi l'union entre elle et le marquis de Gesvres a-t-elleété constante depuis, et s'est2 continuée avec ses enfants, qui tous ont toujours eu une grande considération pour elle. Du reste, elle ne se contraignit pas3 : d'elle-même elle étoit riche. Rétablissement M. le duc d'Orléans avoit toujours sur le cœur d'avoir
d d'Orléans00 été °"blié dans le testament du roi d'Espagne, et Monsieur,
dans l'ordre fils d'Anne fille et sœur de Philippe III et de Philippe IV
de succession rois d'Espagne, avoit trouvé fort mauvais de n'avoir pas
a la couronne , , , ,, ,,„ r
d'Espagne, ete appelé au défaut des descendants du duc d'Anjou. où il envoie M. le duc d'Orléans en avoit fort entretenu Louville au
1 abbe Dubois. >-i n± • • i • -, . ,,^,
voyage qu il ht ici pour celui du roi d Espagne en Italie4. Maintenant que ce prince en étoit de retour à Madrid5, M. le duc d'Orléans voulut travailler tout de bon à son rétablissement dans l'ordre de la succession. Il avoit envoyé l'abbé Dubois au passage du roi d'Espagne à Montpellier6, pour y prendre des mesures avec Louville et j faire entrer
avoit de très beaux yeux. C'est elle, je pense, à qui le vieux duc son mari crioit, le soir de ses noces, en se faisant porter à quatre dans son lit : « Ma chère, je vole à vous ! » (Mémoires de Marais, tome IV, p. 157.) Monseigneur contrefit son habillement et sa démarche au bal masqué du mardi gras suivant, et le Roi en rit fort (Dangeau, p. 123).
1. Cession du 9 juillet 1703 : Arch. nat., Y 276, fol. 270; Dangeau, p. 236-237 et 239; Sourches, p. 123-125; Mercure, p. 398. Le nouveau duc prit le nom de Tresmes, laissant à son père les quatre-vingt mille livres d'appointements et pensions dont il jouissait, même les biens venus de la feue duchesse, et accordant « de petites grâces »» à la nouvelle, qui effectivement, selon Dangeau, avait fort contribué à terminer cette affaire. Le démissionnaire et sa femme conservèrent les honneurs du Louvre par brevet du 15 juillet : Arch. nat., 01 47, fol. 112.
2. Le manuscrit porte : ses. — 3. Elle n'eut pas d'enfants. 4. Tome IX, p. 34 et 401. — 5. Tome X, p. 392, note 2. 6. Du 5 au 8 décembre 1702 : Gazette, p. 611.
ce prince, et il y fut réglé que, deux mois après son retour
dans son royaume, pendant lesquels les choses se prépa-
reroient en faveur de M. le duc d'Orléans, l'abbé Dubois
iroit à Madrid pour finir cette affaire1, que le Roi aussi
desiroit, et qui eut en effet son exécution quelques mois
ensuite, telle que M. le duc d'Orléans la pouvoit désirer2. \A^d. S-S. 457]
C'est ce même abbé Dubois dont il a été parlé à l'occasion
du mariage de M. le duc d'Orléans3, et dont il n'y aura
que trop à dire dans les suites.
Le dimanche 14 janvier4, le Roi fit dix maréchaux de Promotion de
1 . Voyez la note 7 de notre tome IX, p. 33-34, et les Mémoires de Louville, tome II, p. 117-120. Ce que dit Saint-Simon est résumé du Journal de Dangeau, 11 janvier 1703, p. 88.
2. Dangeau, 9 novembre 1703, p. 344: « Le roi d'Espagne a fait une déclaration en interprétation du testament du feu roi Charles II, qui est telle que M. le duc d'Orléans le pouvoit souhaiter, et par laquelle il est appelé à la succession de la couronne d'Espagne en cas que les descendants de la reine Thérèse vinssent à manquer, et cela comme petits-fils de la reine Anne, qui ont droit à cette couronne préférablement à tous les autres princes qui ne sont point de la maison de France. Cette déclaration sera jointe au testament et reçue dans tous les tribunaux où le testament a été autorisé. » Comparez la Gazette, p. 588. On sut ensuite que cet entérinement avait été exécuté (Mémoires de Sourches, p. 215 et 218). Voyez ci-après, p. 500, la lettre du duc d'Orléans à Mme des Ursins, 23 juin 1703, et celle de la princesse, 21 octobre, p. 502. Peu de jours auparavant, le duc d'Orléans avait demandé à aller commander l'armée en Espagne, mais n'avait pu obtenir le consentement du Roi (Dangeau, p. 342).