Cet infinitif est en interligne
5. Selon la Gazette (1728, p. 180), elle s'appelait Françoise Géré de Laubépine de Bancé, et était dans sa quatre-vingt-sixième année lorsqu'elle mourut le 3 avril 1728. Ailleurs, on lui donne dix ans de moins. Le duc de Luynes (Mémoires, tomes I, p. 206, et II, p. 23) dit qu'elle était « demoiselle, » c'est-à-dire de noblesse, et qu'elle avait été placée chez Mme de Livry, sœur de M. de Saint-Aignan, au temps où cette dame avait aussi à son service la femme de chambre qui devait
ruiné1, et laissa deux garçons et une fille de ce beau mariage2. La mère avoit de l'esprit et de la vertu; le Roi même, qui aimoit M. de Saint-Aignan3, l'avoit pressé plus d'une fois de lui faire prendre son tabouret: elle n'y voulut jamais consentir, et se borna à plaire, et à avoir soin de M. de Saint-Aignan dans l'intérieur de sa maison, sans vouloir se produire, mais portant la housse et le manteau ducal4. Sa conduite gagna la vertu de M. et de Mme de Beauvillier, qui, à la mort de M. de Saint-Aignan, prirent soin d'elle, et de leurs enfants comme des leurs, avec qui ils furent élevés, et avec la même amitié. Ce trait, soutenu en tout et toute leur vie, n'en est pas un des moindres traits. Le5
devenir duchesse de Gramont. Selon les Mémoires de Sourches (tome I, p. 74, 207 et 338), elle portait le nom de demoiselle de Lucé (ou Lussey, en Berry) et avait été chez Mme de Saint-Aignan elle-même; boiteuse et fort petite, d'ailleurs très vertueuse, pleine de respect pour la mémoire de la défunte et d'égards pour son fils. Voyez aussi les généalogies de Guillard et leur réfutation dans le Cabinet historique, tomes IV, lre partie, p. 184, et V, p. 231, la Correspondance de Bussy, tome V, p. 60, 119, 132, 174, 175, 182, 185, 216, 234, 247 et 251, et le ms. Lancelot 23, fol. 332 et suivants.
1. Une première fois, le Roi l'avait tiré d'affaire en lui donnant la dépouille du traitant Monnerot; mais il s'était ruiné de nouveau, et si bien, que M. de Beauvillier avait dû racheter le duché aux créanciers avec l'argent de sa propre femme, fille de Colbert. Mme de Saint- Aignan se trouva fort heureuse d'avoir une pension de deux mille écus.
2. L'abbé de Saint-Aignan (1682-1751), que nous verrons devenir évèque de Beauvais; un second fils (1684-1776), d'abord chevalier de Malte, mais qui sera pris comme héritier du titre par M. de Beauvillier, et la fille dont il s'agit ici.
3. On sait quel rôle de confident intime et de complaisant Saint- Aignan avait joué au temps des premières amours du Roi.
4. Comparez une Addition au Journal, de Dangeau, sur la transmission de la dignité ducale, tome XII, p. 275, et la suite des Mémoires, tome X de 1873, p. 275. Quoique M. de Saint-Aignan eût déjà passé le duché à son fils, le Roi invita la nouvelle mariée à prendre les honneurs du Louvre, que d'ailleurs elle déclina par modestie. Au contraire, disent les Mémoires de Luijnes, il refusa absolument cette distinction ;i la duchesse de Gramont, parce qu'elle était de basse extraction et avait réellement servi comme femme de chambre.
5 La première lettre de cet article corrige un c.
mariage se fit à petit bruit1 à Vaucresson, petite maison de campagne que le duc avoit achetée à portée de Versailles et de Marly, où il se retiroit le plus souvent que ses emplois le lui pouvoient permettre2.
Le vieux duc de Gesvres, à quatre-vingts ans3, se rema- Mariage du duc ria peu de jours après à Mlle de la Chesnelaye, du nom de de Gesvres Rommilley\ belle et bien faite, et riche5, que l'ambition la chesnelaye d'un tabouret y fit consentir. Le Roi l'en détourna tant [[Add .S-S. 456} qu'il put, lorsqu'il lui en vint parler6 ; mais le bonhomme, ne sachant faire pis à son fils7, à qui ce mariage fit grand tort, n'en put être dissuadé. Il voulut faire le gaillard au souper de la noce; il en fut puni, et la jeune mariée encore plus : il fit partout dans le lit, tellement qu'il en fallut passer une partie à les torcher et à changer de tout. On peut juger des suites d'un tel mariage8. La belle en usa
4. Le 23 janvier : Dangeau, p. 87 et 103; Sourclies, p. 7 et 8; Mercure du mois, p. 253-256.