Vol. Espagne 115, fol. 168 v
pressamraent pour retenir Mme des Ursins auprès de la reine.... J'ajoutai que Votre Majesté me faisoit l'honneur de m'éerire que la princesse des Ursins lui avoit demandé la permission de se retirer par deux fois; qu'elle la lui avoit accordée; que Votre Majesté avoit lieu de croire qu'elle ne l'avoit pas demandée sans la participation de LL. MM. ; que Votre Majesté avoit reçu depuis des lettres pressantes, puisqu'elle consentoit qu'elle continuât de servir la reine ; que Votre Majesté ajoutoit qu'ayant à demeurer auprès d'elle, il convenoit que la correspondance qu'elle avoit supposé ne pouvoir manquer entre nous se rétablit....
« Je continuai de lui demander comment la princesse des Ursins, connoissant que la reine et lui ne souhaitoient pas qu'elle se retirât, avoit pu demander cette permission si positivement, ou ne leur en avoit pas rendu compte avant de le faire. 11 me répondit, en riant, ces mêmes paroles : « Elle savoit bien qu'elle ne s'en iroit pas, parce « que nous nous y opposerions. » Je souris encore plus que lui, et je lui dis : « Je vous remercie de tout mon cœur, Sire. Voilà la seule « confidence que vous m'avez faite depuis que j'ai mis le pied dans « Madrid; mais je lui promets que je lui garderai le secret, et que la « camarera-mayor n'en saura rien. »
« Je lui parlai, en riant tout de même, du mémorial des peuples pour la retenir ici.... 11 dit : « Mais il paroit que le peuple l'aime; elle a des « qualités qui le méritent. » — « Je crois, continuai-je, que cet « écrit est l'ouvrage de quelque frayle, par toutes les comparaisons des « femmes illustres du Vieux Testament. Il y en a dont je n'entends pas « le rapport et l'application à cette dame, comme celle de la Sunamite « et d'Esther. Celle de Judith, me feroit peur, et je devrois, si elle « l'étoit, craindre pour ma tète; mais je m'en mettrai à couvert par « la visite que je vais lui rendre.... »