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5. « Se conduisant avec tant de modestie,... qu'elle avoit fait oublier ce qu'elle étoit née et à la famille du maréchal, et à la cour, et au monde, où elle s'étoit acquis une estime parfaite et une considération personnelle » (tome II, p. 265-266).
Lauzun, mais aussi un rare modèle de piété et de charité, et j'ai raconté sommairement1 ce qu'elle fit, avec le concours de son mari, pour les jeunes filles pauvres de sa paroisse de Saint-Roch et pour les sœurs des petites écoles qu'elle avait appelées à diriger leur enseignement ; j'ai dit que, dans ses tout derniers jours, elle prit des mesures pour s'assurer, ainsi qu'à sa fille la maréchale, une retraite sur l'un des terrains contigus à cette maison des Filles de Sainte-Anne2.
J'ai rappelé également que le couvent de la Visitation de Chaillot fut redevable aux deux époux de la construction d'une église placée sous le vocable de l'Immaculée Conception. C'est à l'occasion de la prise d'habit d'une fille du premier lit dans ce monastère, — le 25 juillet 1685, avec une prédication de Bourdaloue3, — qu'ils entreprirent cette construction, la supérieure du lieu étant alors une cousine des Frémont, Mme Marie-Louise Croiset, et l'épitaphe de Mme de Frémont, placée plus tard dans cette même église, rappela leur généreuse libéralité4. Gabrielle, la religieuse qui en avait été l'occasion, parvint plus tard à la dignité de supérieure; Saint-Simon parlera d'elle entrés bons termes en 1709, mais sans prononcer le nom de Frémont, affectant toujours de le couvrir de celui de Lorge.
L'autre fille issue du même premier mariage de Frémont avec sa cousine Elisabeth Catelan, et nommée Suzanne, avait fait profession chez les bénédictines de Jarcy, près Brie-Comte-Robert3, avec une pension viagère de trois cents livres; sa belle-mère porta cette pension à cinq cents livres par un contrat du 10 octobre 16996.
1. Tome III, appendice XXII, p. 493-496. Depuis l'achèvement de nos premiers volumes. M. Ernest Bertin a consacré aux Frémont quelques pages de ses Mariages dans l'ancienne société française, p. 538-540.
2. La dernière donation à cette maison est du 18 juin 1703; il y en a une expédition au Cabinet des titres, Pièces originales, dossier 27 821, fol. 40-44.
3. La prise de voile de Gabrielle de Frémont eut lieu le 14 novembre suivant, et sa profession le 30 décembre 1686 ou le 2 janvier 1687 (Gazette du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 67 v° et 83 v°; Journal de Dangeau, tome I, p. 438; Arch. nat., Y 2.51, fol. 136 v°).
4. Le couvent occupait l'emplacement actuel du Trocadéro. Une partie des terrains avait été vendue par Marie Damond, veuve de M. Croiset (tome II, p. 267, note 2), et la maison primitive, celle où avaient jadis habité Catherine de Médicis, puis Bassompierre, avait été achetée par la reine Henriette d'Angleterre en 1651. Bossuet avait prêché dans la première église. La nouvelle, comme on le voit, ne fut pas bâtie par la maréchale de Lorge, ainsi que l'ont dit Lebeuf (Diocèse de Paris, tome III, p. 58-59), puis son commentateur Cocheris (tome IV, p. 331-336). L'erreur vient de ce que la construction n'était que commencée quand Mme de Frémont mourut. C'est là que la reine d'Angleterre Marie d'Esté se fit enterrer. Il y avait, dans les salles du couvent, beaucoup de portraits, que Cocheris a énumérés en partie, un, entre autres, de la maréchale de Lorge, et un du maréchal de Villars.