Arch. nat., Y 273, fol
Les généalogies donnent aussi, comme frère de M. d'Auneuil et de la maréchale de Lorge, un Frémont qui était jésuite en 1713; l'entrée de celui-ci dans la Société, ainsi que celle des deux sœurs consanguines au couvent, réduisait à deux parts seulement l'héritage de M. et Mme de Frémont.
Les actes relatifs à la succession de cette dernière sont actuellement conservés dans le minutier de Me Galin, auquel nous avons fait déjà de si fructueux emprunts. La pièce principale est son testament, en date du 14 décembre 1700, avec des codicilles contenant nombre de legs pieux qu'il serait intéressant de faire connaître en détail à l'appui de ce qui vient d'être dit de cette femme de bien. Ce testament est joint à l'inventaire après décès fait le 27 août 1703 et les jours suivants. Le 25 juillet précédent, Mme de Frémont avait, par un acte particulier, délaissé à son petit-fils, le duc de Quintin, la jouissance de la maison qu'elle habitait dans la rue Neuve-Saint-Augustin, à côté de l'hôtel de Lorge. Antérieurement encore, Mme de Lorge avait pris en location, par bail du 10 mai 1703, la maison de Mme de Frémont qui était attenante à celle des Métayer, et cette location dura au moins jusqu'en 1713 *.
L'argent comptant qui provint de cette succession ne suffit pas, selon toute apparence, pour régler les dettes arriérées du ménage Saint-Simon, puisque, le 6 septembre, trois semaines après la mort de Mme de Frémont, son petit-gendre dut constituer à Jean-Baptiste Boucher, maître sellier demeurant rue Sainte-Anne, pour quatre mille livres de fournitures faites depuis l'année 1700, une rente de deux cents livres, que le secrétaire Claude de Maubreul ne remboursa, pour son maître, que le 18 mai 1707.
Enfin, dans l'Appendice du tome IIP, j'ai expliqué comment le second gendre des Lorge, Lauzun, avait été amené à engager un procès contre Mme de Frémont. L'affaire était encore en suspens en 1703. « On ne croit pas, dit Dangeau, que cela (la mort de Mme de Frémont) rende le procès de M. de Lauzun avec la famille plus aisé à finir3. » Les choses tournèrent mieux, pour le beau-frère de notre auteur, qu'on ne l'avait pensé tout d'abord4, et, en juillet 1704, les juges reconnurent que certains effets de la succession de M. de Frémont avaient été détournés. Non seulement Lauzun put se faire payer de la somme de cent mille écus promise à sa femme, mais on estima qu'il lui reviendrait en outre cinquante mille écus de plus5. La sentence des requêtes du Palais qui lui donna gain de cause le 7 juillet 1704 fut confirmée par deux arrêts du conseil d'État en date du 9 décembre suivant et du 25 janvier 1705, sur le rapport de MM. Voysin, de la Reynie et de Ribeyre6.
I. Cabinet des titres, dossier 27 821, fol. 30, 38 et 48. 8. Pages 491-493. — 3. Journal, tome IX, p. 274.