‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 61 sur 556 · Tome X, p. 378; Mémoires militaires, p · texte numérisé non relu

Tome X, p. 378; Mémoires militaires, p

de Tallard, une sur la Moselle, et le maréchal de Villars, resté à Strasbourg, celle d'Allemagne. Il y avoit fait venir sa femme, dont il étoit également amoureux et jaloux1, à qui il avoit donné pour duègne une de ses sœurs2, qui ne la perdit guères de vue nulle part nombre d'années, et qui se trouvoit mieux là qu'à mourir de faim dans sa province, avec Vogué son mari3, où elle ne retourna plus*. Les ridicules furent grands5, et les précautions pas toujours heureuses6.

1. Tome X, p. 318. « Nul bonheur sans mélange dans ce monde, écrivait Mme de Coulanges à Mme de Grignan ; la passion de M. le maréchal de Villars pour sa femme est au-dessus de celle qu'il a pour la gloire, et sa délicatesse lui persuade que la gloire le traite mieux. » Et ailleurs : « Villars est si amoureux de sa belle maréchale, qu'il est difficile qu'il soit heureux. Cette passion est ordinairement suivie d'une autre, qui trouble le repos lors même qu'on a tout lieu de ne se point inquiéter. » (Lettres de Mme de Sévigné, tome X, p. 477, 483, 490 et 506.)

2. Charlotte de Villars, mariée par contrat du 26 novembre 1695, à Condrieux, avec le comte de Vogué, et morte à Paris, le 44 septembre 1748, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Il y avait trois autres sœurs : 1° Mme de Frétât de Boissieux; 2° Mme de Choiseul-Traves (tome X, p. 302) ; 3° une religieuse à Vienne. Charlotte, quand elle avait quinze ans, avait accompagné ses parents à Madrid, en 1679, et, à la fin de leur ambassade, elle avait reçu un titre de dama de la reine Marie- Louise (Gazette de 1680, p. 526).

3. Jacques de Vogué, comte de Gourdan, né le 29 février 1660 dans ce château, près Saint-Clair (Ardèche), y mourut le 18 février 1750 et fut inhumé à Annonay. Saint-Simon écrit : Vaugué comme le Moréri.

4. Voyez le Mercure de juillet 1706, p. 131-132. C'est par suite de cet attachement au ménage du maréchal que les Vogué héritèrent plus tard de ses papiers : tome X, p. 313, note 4.

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