‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 65 sur 556 · L'initiale minuscule de vendre corrige un V majuscule · texte numérisé non relu

L'initiale minuscule de vendre corrige un V majuscule

4. Ce gouvernement venait du commandeur de Tilladet, mort en août 1702, et non du chevalier de Tessé (tome IV, p. 145), mort en 1701. Celui-ci avait servi en Irlande sous Saint-Ruhe, en Italie sous Catinat, était lieutenant général depuis 1696, et, ayant été blessé au siège d'Ath en 1697, avait reçu le gouvernement de cette ville. Dans la nouvelle guerre, il était revenu, avec son frère et son neveu, en Italie, et était mort de la dysenterie, le 19 août 1701, non à Mantoue, comme Saint- Simon le dit d'après Dangeau (tome VIII, p. 181), parce qu'il avait le commandement de cette ville (ibidem, p. 78), mais à Crémone : Sourches, tome VII, p. 113; Gazette d'Amsterdam, 1701, n°Lxxi (de Paris), Extr. lxxi et n° lxxiii (de Paris); Bibl. nat., Pièces originales, dossier 28 111, fol. 24. Son corps fut inhumé au château de la Vernie, le 2 novembre. Le maréchal l'avait pour compagnon d'armes depuis 1669.

6. Dangeau, p. 138 : « Le Roi a donné à M. le maréchal de Villeroy cent mille francs pour faire son équipage : il en avoit perdu la plus grande partie quand il fut pris à Crémone, et S. M. lui a fait ce présentlà sans qu'il lui demandât rien, et il n'a quasi pas voulu recevoir son remerciement. » Villars, en apprenant cette nouvelle, réclama pour son propre compte une semblable indemnité.

Harcourt

capitaine

des gardes

du corps.

Électeur de Bavière

déclaré pour la France

et l'Espagne.

gardes de mon beau-père en faveur du maréchal d'Harcourt, qui, de tous les candidats, étoit le moins en état de l'exercer, et celui de tous aussi qui la desiroit le moins ardemment1 : il étoit sans cela fort2 approché du Roi; mais Mme de Maintenon, sa protectrice, qui n'avoit pas moins de désir que lui-même de le voir dans le Conseil, jugea que l'assiduité nécessaire et les détails de cette charge seroit3 une ressource pour l'y conduire4.

En conséquence du traité que Puységur, de qui j'ai eu souvent occasion de parler5, avoit fait, dès la Flandres, avec l'électeur de Bavière, ce prince étoit retourné dans ses Etats préparer à l'Empereur une guerre fâcheuse à l'ombre d'une neutralité suspecte6. On avoit grand besoin d'une pareille diversion. L'Électeur enfin venoit de lever le masque7 nonobstant la déclaration de la diète de Ratisbonne que la guerre de la succession d'Espagne étoit guerre d'Empire8. 11 falloit soutenir l'Électeur et lui four-

1. A voir arriver Tessé « tout pimpant, » on avait cru que les chances étaient pour lui (Dangeau, p. 116; Sourches, p. 4, 21 et 22; lettre de la duchesse de Beauvillier à Louville, 18 février). Nous verrons plus tard que le comte de Roucy avait voulu aussi se mettre sur les rangs.

2. Fort surcharge une n. — 3. Ainsi, au singulier, dans le manuscrit.

4. Cette nouvelle fut sue un mois plus tôt que la précédente, le 10 février. M. d'Harcourt n'avait rien demandé; il eut un brevet de retenue de cinq cent mille livres, égal à ceux du défunt : Arch. nat., 01 47, fol. 33 v° et 35 v°, 26 et 28 février. Tessé écrivit de Versailles, le 12 février, au duc de Vendôme (ms. Fr. 14 177, fol. 268 v°) : « Votre Altesse aura su comme M. d'Harcourt a été déclaré capitaine des gardes. Les courtisans croy oient, six heures avant cette déclaration, qu'il en étoit exclus. » Au contraire, dès la mort même du maréchal de Lorge, la duchesse de Beauvillier avait annoncé à Louville (lettre du 22 octobre 1702) que la succession serait pour M. d'Harcourt, tandis que la Gazette de Rotterdam avait parlé de Tessé et de M. de Roucy dans une correspondance du 6 novembre suivant. Une lettre du nouveau capitaine à la marquise d'Huxelles a été imprimée dans la Revue rétrospective, 2e série, tome II, p. 186.

5. En dernier lieu, tome VIII, p. 51, à propos de l'occupation des places espagnoles des Pays-Bas; voyez ci-après son portrait, p. 316-319.

6. Tome VIII, p. 251,'année 1701. — 7.Tome X, p. 256, 293 et 307. 8. Voyez les Mémoires de Lambertij, tome II, p. 213-214, et le recueil

nir un puissant secours suivant l'engagement réciproque1. Villars, plus occupé de sa femme que d'exécuter les ordres dont il étoit chargé2, passa enfin le Rhin au commencement de février, après force délais, et fut remplacé au deçà par Tallard, fortifié d'un gros détachement de Flandres. L'Electeur cependant faisoit force petites conquêtes en attendant qu'il se fût formé une armée impériale pour s'opposer à lui3. Cependant Villars assiégea le fort de Kehl, qui Kehi pris se rendit le 9 mars; on y perdit fort peu de monde, et la parViiiars. défense fut molle*. Trois mille hommes, ou environ, qui deVauban.

de 1703 intitulé : Lettres, mémoires et actes concernant la guerre présente, ou Lettres d'un Suisse, 5e et 6e lettres, p. 94, 212, etc.

1. L'Électeur s'était fait longtemps prier avant de conclure le traité secret du 23 juin 1702, en addition à celui du 9 mars, quoiqu'il lui assurât, outre les subsides, le gouvernement héréditaire des Pays-Bas sans vicaire général, la royauté des pays qu'il conquerrait en Allemagne, une moitié des contributions, et, en cas de perte de ses propres États, la propriété éventuelle des Pays-Bas. Il ne s'était même résigné que le 18 août à ratifier les conventions que son envoyé Monasterol avait signées depuis deux mois avec les ministres français, et le fait réel est que, jusqu'au dernier moment, il avait cru trouver de meilleures conditions à Vienne. A partir de septembre 1702, il avait pris Ulm, Memmingen et plusieurs petites places, » pour s'élargir et se donner des contributions et des subsistances, » mais avait manqué ou fait manquer la jonction espérée par les généraux français (tome X, p. 304 et 307), et il demandait au moins quelque argent pour lever cinq ou six mille hommes de plus. On estimait l'ensemble de ses troupes à environ cinquante mille hommes, en comptant les garnisons et les milices. Nous avons au Cabinet des manuscrits, ms. Nouv. acq. fr. 496, un recueil des lettres que lui écrivirent, de 1701 à 1715, les généraux français, Tallard, Huxelles, Vendôme, Villars, Puységur, etc.

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