Saint-Simon a écrit, en abrégé : off g
puis gardé à vue1. Ne sachant comment donner de ses nouvelles, et craignant d'être pendu comme un espion, il fit le malade, et demanda un capucin, à qui il tira bien fort la barbe pour voir si ce n'étoit point un moine supposé. Quand il s'en fut assuré, il essaya de le toucher, et de l'engager à faire avertir M. de Vendôme de l'état misérable et périlleux où il se trouvoit. Le capucin se trouva charitable, et il le fit sans perdre de temps. Aussitôt M. de Vendôme manda au comte de Stahremberg2, qui commandoit l'armée impériale en l'absence du prince Eugène, qu'il feroit au commandant et à toute la garnison de Bercello3 les mêmes traitements qu'on feroit à Barbezières, qu'ils sa voient bien être lieutenant général des armées du Roi4.
1. Dangeau, tome IX, p. 131; Sourches, tome VIII, p. 38 et 168; Gazette, p. 120; Gazette d'Amsterdam, n08 xvn, xix, xxn, xxv et xxix; Mémoires du duc de Luynes, tome X, p. 131-132.
2- Guidobaldo, comte de Stahremberg, cousin du défenseur de Vienne mort en 1701, a une longue notice dans le Moréri. Né le 11 novembre 1657 et destiné d'abord à l'Église, toute la première partie de sa carrière militaire s'était écoulée aux armées de Hongrie, en guerre contre les Turcs, et il avait été, comme lieutenant-feld-maréchal (1691) et comme grand maître de l'artillerie, l'un des plus utiles auxiliaires du prince Eugène. Aussi, bien que pourvu du commandement général en Esclavonie depuis 1697, il avait suivi Eugène en Italie, avait dirigé la surprise de Crémone, pris une part brillante au combat de Luzzara et reçu le commandement, en place du prince, après la campagne de 1702. Il passera feld-maréchal général et commandant général du Piémont en 1704, sera fait conseiller intime de l'empereur Joseph en 1706, et, après un court séjour à l'armée de Hongrie, il ira commander les troupes impériales en Espagne, contre Philippe V et le duc de Vendôme, jusqu'à la fin de la guerre, quittera alors le service, et mourra à Vienne, le 7 mars 1737. Il était commandeur de l'ordre Teutonique.
3. Aujourd'hui Brescello, sur la rive droite du Pô. Cette place, la seule un peu considérable que possédât le duc de Modène, était bloquée depuis la fin de 1702, et se rendit le 26 juillet 1703 (Gazette, p. 414; Mercure d'août, p. 193-198 ; Mercure historique et politique, tome XXXV, p. 241-243; Quincy, Histoire militaire de Louis XIV, tome IV, p. 146- 147 et 174). Nous verrons les alliés la reprendre en 1706.
4. Au lieu de passeport, le duc de Savoie ne lui avait envoyé qu'un chiffon de papier; aussi M. de Vendôme proposa-t-il de démolir les
Grand Prieur
en Italie
sous son frère.
Duc de Guiche
et Hautefeuille
colonel général
et mestre de
camp général
des dragons*.
Comte deVerue
commissaire
général de la
cavalerie.
Peut-être cela lui sauva-t-il la vie; mais la prison fut longue et extrêmement dure, surtout d'être jour et nuit gardé à vue, pour un homme1 aussi vif et aussi pétulant que l'étoit Barbezières, qu'ils renvoyèrent à la fin2. Parlant d'Italie3, M. du Maine obtint avec grand peine que le Grand Prieur allât servir sous son frère en Italie, où son ancienneté le faisoit premier lieutenant général4.
Tessé, devenu maréchal de France, ne se soucioit plus de sa charge de colonel général des dragons5. Il la vendit quatre cent quatre-vingt mille livres au duc de Guiche, qui en étoit mestre de camp général et se défit de cette dernière charge à Hautefeuille6. Par même raison Villars fit aussi de l'argent de la sienne de commissaire général de la cavalerie, et en eut gros du comte de Verue7, que sa triste situation avoit banni depuis longtemps de son pays, et qui se voulut lier tout de bon au service de France8.
places de ce prince qui se croyait tout permis comme beau-père du duc de Bourgogne.