‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 73 sur 556 · Tome V, p · texte numérisé non relu

Tome V, p

7. Le 21 mars. Cette permission était donnée en raison de son état de maladie, pour six mois seulement, mais renouvelable, et sous caution que le fils de Mme Guyon la représenterait à toute requête et qu'elle ne communiquerait avec personne, ni par écrit, ni verbalement : Dangeau, p. 153; Sourches, p. 52; Arch. nat., 01 47, fol. 46 v° et 174; Depping, Correspondance administrative, tome II, p. 747-748, 803 et 833; Ravaisson, Archives de laBastille, tome IX, p. 11 et 96-98; Guerrier, Madame Guyon, p. 469-490; Tamizey de Larroque, l'Abbé J.-J. Boilcau, p. 64-65.

coadjutorerie de Cluny

gagné

par l'abbé

d'Auvergne.

exil1. Les moines de Cluny en avoient voulu profiter. Il leur avoit arraché la coadjutorerie pour son neveu, plutôt qu'il ne l'avoit obtenue2 : ils n'avoient osé résister au nom du Roi, et à la présence du cardinal allant à Rome dans la faveur où il étoit pour lors ; mais ils s'étoient3 ménagé des moyens à la pouvoir contester un jour. Il y avoit eu du bruit et des oppositions * étouffées par autorité : les moines étoient fort affligés de se voir5 toujours hors de mains régulières; ils étoient encore plus outrés de se voir passer des cardinaux à un abbé, qui n'avoit pas même le privilège, que le sacré collège se donne, de pouvoir tout posséder et régir. Ils ne virent donc pas plus tôt le cardinal en disgrâce, qu'ils attaquèrent la coadjutorerie au Grand Conseil, et donnèrent bien à courir aux Rouillons6. Outre les raisons du procès, le meilleur moyen des moines étoit de persuader aux juges que le Roi, mécontent de leur abbé, y prenoit part pour eux : tellement que les Rouillons voulurent se parer de leurs proches, faire effort de crédit, et faire comprendre par cette assistance ouverte que le Roi demeuroit neutre entre eux. Je ne pus leur refuser d'aller avec eux à l'entrée des juges7, et les solliciter avec le duc d'Albret et l'abbé d'Auvergne, et de dire à chacun bien affirmativement que le Roi n'y prenoit aucune part. Ces sollicitations durèrent, ainsi que les entrées des juges, où la compagnie étoit assez nombreuse8 ; enfin, le 30 mars.

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