L'une corrige les uns
3. « On appelle ainsi, par mépris, un ministre de la religion prétendue réformée, dont la fonction est de prêcher » (Académie, 1718). Surtout à l'origine, c'étaient de simples illuminés, des voyants, sans caractère sacerdotal. Le mot se trouve, dès le siècle précédent, dans P. de l'Estoile, etc.
4. Il a été dit plus haut (p. 67) que les Fanatiques comptaient surtout sur l'appui de l'Angleterre. Voyez leur appel aux États protestants (Bibl. nat., Lb37 4244) et le projet de descente d'une armée anglaise, préparé par un officier réfugié en Prusse, que feu Gustave Masson a publié dans le Bulletin de la Société de VHistoire du Protestantisme français, 15 juillet 1880, p. 307-317. Le 23 septembre 1701, M. de Broglie écrivait (Histoire du Languedoc, tome XIV, col. 1551) : « Ils sont entretenus dans leur religion et dans l'esprit de révolte par les chefs de cette secte qui sont dans les grosses villes, lesquels étant dans une relation continuelle avec des réfugiés d'Hollande, Angleterre et Genève, inspirent par leurs émissaires tous les mouvements qu'ils croient propres à animer ces religionnaires. »
longtemps dans la surprise de les1 voir en apparence dénués de tout, et néanmoins se soutenir et entreprendre2. On eut grande obligation à ce fanatisme qui s'empara d'eux, et qui bientôt leur fit commettre les derniers excès en sacrilèges, en meurtres et en supplices sur les prêtres et les moines3. S'ils s'en étoient tenus à ne maltraiter personne que suivant les lois de la guerre, à demander seulement liberté de conscience et soulagement des impôts, force catholiques, qui par crainte, par compassion, ou par espérance que ces troubles forceroient à quelque diminution de subsides, auroient persévéré, et peut-être levé le masque sous leur protection, et en auroient entraîné le grand nombre4. Ils avoient des cantons entiers, et presque quelques villes de leur intelligence, comme Nîmes , Uzès, etc. 5, et force gentilshommes distingués et accrédités dans le pays qui les recevoient clandestinement dans leurs châteaux, qui les avertissoient de tout, et à qui ils s'adressoient avec sûreté, qui, eux-mêmes, pour la plupart, avoient leurs ordres et leurs secours de Genève ou de Turin6. Les Cévennes et les pays voisins, pleins de montagnes et de déserts, étoient une merveilleuse retraite pour