Le second fils du défunt maréchal : tome I, p
10. Dangeau, p. 171 et 186. On a imprimé là, par erreur : trois escadrons.
laissa sur sa gauche, pour ne point retarder sa marche1. Il détacha, le 4, de Donaueschingen2, d'Aubusson, mestre de camp de cavalerie3, avec cinq cents chevaux, pour aller porter de ses nouvelles à M. de Bavière4. Ce prince avoit aussi envoyé cinq cents chevaux au devant du maréchal. Les détachements se rencontrèrent, se reconnurent, et ce fut grand joie des deux côtés5. Villars avoit avec lui cinquante bons bataillons et soixante escadrons, avec pouvoir de faire des brigadiers et de donner amnistie aux déserteurs voulant revenir0. Enfin7 le maréchal de Villars vit, le 12 mai, l'électeur de Bavière, qui pleura de joie en l'embrassant, et le combla, en son particulier, de tout ce qui se peut de plus flatteur, et témoigna8 une grande reconnoissance pour le Boi. Il lui fit voir ses troupes, et faire trois salves de canon et de mousqueterie, jetant le premier son chapeau en l'air et criant : Vive le Roi ! ce qui fut imité par toute son armée. Deux jours après, l'Électeur
1. Mémoires militaires, p. 579-580; Mémoires de Villars, tome II, p. 82-85. Le commandant ayant reçu quelques volées de boulets rouges sans se rendre, on passa outre, et Villars le regretta plus tard.
2. Donaueschingen (Saint-Simon a écrit : Donnawsching) est situé au débouché de la gorge par où sort le Danube (Donau), formé de la réunion du Brigach et du Breg. C'est encore la résidence des princes de Fùrstenberg, dont le manoir originel est tout proche.