Dangeau, p. 185-186 ; Sourches, p
l'armée avoit surmonté tous les obstacles et les défilés, qu'[on] avoit attaqué le château d'Hornberg1, à côté de Wolfach2, et que trois ou quatre mille hommes qui étoient derrière Hornberg s'étoient retirés précipitamment ; qu'ils avoient perdu trois cents hommes, et nous une trentaine ; qu'on n'avoit pas voulu s'amuser à les poursuivre ; que l'armée étoit, le 2, campée à Saint-Georges3, entrée sur trois colonnes dans la plaine; qu'elle n'étoit plus qu'à trois lieues de Rottweil4 et de Villingen5; qu'on n'entendoit point parler du prince Louis depuis qu'on l'avoit tournoyé6 et laissé à côté; qu'enfin la jonction avec l'Électeur étoit désormais sûre et certaine7. Il ajouta des détails sur les vivres, les convois et l'artillerie, qui furent satisfaisants, et que Saint-Mauris8 et Clérambault9, lieutenants généraux, étoient demeurés, avec quatre bataillons et vingt-trois escadrons, à Offenbourg, où le maréchal de Tallard venoit d'arriver10. Villars ne voulut point attaquer Villingen, qu'il
1. Ce château, sur le ruisseau de Gutach, dans une situation très facile à défendre, domine le passage de la Forêt-Noire. Turenne était passé par là en 4645. Dangeau ou ses éditeurs ont écrit : Hambourg . Deux lignes plus loin, notre texte porte : Horneberg.
2. Petite ville au confluent d'une rivière de même nom et de la Kinzig.
3. C'est dans les environs de ce village que prend naissance un des cours d'eau qui se réunissent plus loin pour former le Danube.
4. Ville impériale de la Souabe, sur le Necker, devant laquelle le maréchal de Guébriant, en arrivant au but, avait reçu la mort en 1643.
5. Petite ville au débouché des montagnes, entre les sources du Danube et celles du Necker, défendue par une enceinte à tours et un double fossé.
6. Littré a relevé, comme particulier, cet emploi de tournoyer à l'actif, et au sens d'écarter, dit-il ; mais ne serait-ce pas plutôt tourner au sens militaire du mot, laisser de côté, comme il est dit immédiatement après.
7. Voyez les Mémoires de Villars, tome II, p. 78-84, et Villars d'après sa correspondance, tome I, p. 209-213, et tome II, p. 269-275.