La veuve de Jacques II, et non la reine Anne
4. Dangeau, p. 319, 320 et 343; Sourches, p. 196. Voyez une lettre pieuse de cette princesse à ses amies de Chaillot : Arch. nat., K 1302, n° 81. Il sera encore parlé de sa tumeur en 1705.
5. Victoire Montecuculli, femme de Virgile Davia, créé comte d'Almond (Saint-Simon écrit : Dalmont), frère du cardinal Davia (1660-1740), sénateur de Bologne et grand écuyer du roi Jacques jusqu'en 1686a.
6. Elles avaient été nourries ensemble, dit Dangeau (tome VI, p. 326). La comtesse, qui s'était refusée à rejoindre son mari en Italie, mourut à Saint-Germain, le 13 avril, âgée de quarante-sept ans environ : Dangeau, tome IX, p. 168; Mercure du mois, p. 270-272; acte d'inhumation. Almond était le nom d'une petite pairie d'Ecosse.
7. Elle montait dans le carrosse du Roi, dînait avec lui à Marly, etc. (Dangeau). J'ai déjà indiqué (tome VIII, p. 511, note 3) les lettres que nous possédons d'elle à la mère Priolo.
■ « Le roi (d'Angleterre) a ôté la charge de grand écuyer au comte d'Almond, sa créature, parce que, dans une débauche, il dit en buvant la santé du roi : « Que Dieu le bénisse! mais que le diable emporte celui qui l'a fait « papiste ! » (Gazettes du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 105, 2 février 1686.)
qu'elle lui avoit fait donner un tabouret de grâce, comme je crois l'avoir déjà remarqué ailleurs l.
Le bailli d'Hautefeuille2, ambassadeur de Malte, mou- Mort du bailli rut en même temps3. C'étoit un vieil homme, qui avoit d iiautefeuiiie,
,,. ii- 11 ambassadeur
fort servi et avec valeur , qui ne ressembloit pas mal a de Malte. un spectre, et qui avoit usurpé et conservé quelque familiarité avec le Roi, qui lui marqua toujours de la bonté. Il étoit farci d'abbayes et de commanderies5, de vaisselles
1. Pas dans les Mémoires, mais seulement dans l'Addition placée ici.
2. Etienne Texier d'Hautefeuille, d'une famille de Poitou, admis à l'ordre de Malte le 30 mai 1633, grand'eroix et bailli depuis le 12 novembre 1669, ambassadeur de l'ordre depuis 1671, avait d'abord reçu du Roi le grade de capitaine de ses galères, puis, en 1658, une compagnie du régiment des gardes, en 1665 le commandement des gendarmes écossais, en 1668 le grade de brigadier, celui de maréchal de camp en 1674, celui de lieutenant général en 1677, et avait été élu grand prieur d'Aquitaine en 1691. Voyez les Additions et corrections, p. 562.
3. Le 3 mai, des suites d'une chute, dans sa soixante-dix-septième année : Dangeau, p. 116, 121, 153, 178, 182, etc.; Sourches, p. 70 et 73; Mercure du mois, p. 90-95; Gazette, p. 227. Son épitaphe est dans le ms. Clairambault 945, fol. 308.
4. Selon l'annotateur des Mémoires de Sourches, tome IV, p. 117, note 3, « il avoit été capitaine de vaisseau, ensuite capitaine au régiment des gardes, avec distinction, et dans les plaisirs du Roi pendant sa jeunesse; depuis, il avoit acheté du maréchal de Schonberg la compagnie de gendarmes écossois, et i'avoit rendue si belle, qu'il avoit donné envie au Roi de faire un corps de gendarmerie; après cela, il avoit servi de brigadier, de maréchal de camp et de lieutenant général, et il s'étoit retiré étant vieux, mais toujours de bonne mine, et comblé des bénéfices que le Roi lui avoit donnés. » Sur sa compagnie écossaise, voyez ibidem, tome I, p. 166 et notes. Comparez la Chronologie militaire, tome IV, p. 287.
5. Depuis 1670, il avait, avec le gouvernement du Mont-Saint-Michel, la conimende de cette célèbre abbaye, les commanderies de la Croixen-Rrie, de Pezénas, de Châlons, Vitry, la Roche et Villedieu, et il touchait une pension de six mille livres depuis qu'il avait vendu la compagnie des gendarmes écossais, en 1676. Les clefs des Caractères le désignent (tome I, p. 316 et 528), avec M. de Villeroy archevêque de Lyon et le diplomate Saint-Romain, comme étant de ces avides amphibies qui « se revêtent de toutes les conditions pour en avoir les avantages..., vivent de l'Église et de l'épée, et auront le secret d'y joindre la robe. »
et de beaux meubles, surtout de beaucoup de beaux tableaux1 ; fort riche et fort avare. Se sentant fort mal et voulant recevoir ses sacrements, il envoya lui-même chercher le receveur de l'ordre et quelque chevaliers, à qui il fit livrer et emporter ses meubles, ses tableaux, sa vaisselle, et tout ce qui se trouva chez lui, pour que l'ordre ne fût frustré de rien après lui 2.
Mort Béchameil le suivit immédiatement, assez vieux aussi3.
sa fortune e<3t' ^ ^oit P^re ^e *a femme de Desmaretz, qui venoit de son caractère, revenir sur l'eau, et qui ne tarda guères à y voguer en [Add. Sr-S. 470] piem*? e^ de }a femme de Cossé qui devint duc de Brissac, comme je l'ai expliqué en son lieu5. Béchameil avoit été fort dans les affaires, mais avec bonne réputation autant qu'en peuvent conserver des financiers qui s'enrichissent6. Il avoit succédé à Boisfranc, beau-père du mar-
1. Germain Brice, dans sa Description de Paris de 1684, tome II, p. 185, vante l'habitation occupée par le bailli derrière les Petites- Maisons et les collections qu'il y avait réunies ; on y admirait, dit aussi le Mercure, des toiles des plus grands maîtres.
2. C'est Dangeau qui rapporte cela; les Mémoires de Sourches donnent d'autres détails. Selon le Mercure, il y eut trente mille livres pour Saint-Sulpice, vingt mille pour les religieuses récollettes de la rue du Bac, cent mille écus pour la Religion. Les nominations qui se firent dans l'ordre par suite de cette mort sont énumérées dans la Gazette, p. 383.
3. Louis Béchameil mourut le 4 mai, à soixante-treize ans : Dangeau, p. 183; Mercure du mois, p. 220-222.