Ci-après, p
5. Tomes VI, p. 61, et VII, p. 132. On trouve cette anecdote dans le recueil d'ana copié par Gaignières (ms. Nouv. acq. fr. 4529, p. 62) : « Dans le temps que le comte de Cossé épousa Mlle Béchameil, Mme de la Meilleraye disoit : « Enfin, M. Béchameil est gentilhomme; on ne peut « pas lui ôter cela » (quoiqu'elle eût jeté feu et flamme contre ce mariage). Le duc de la Meilleraye, qui écoutoit ce discours, lui répondit : « C'est un mauvais garçon de s'être mis laquais, pouvant se faire « page. » — En sortant de la boutique de son père, à l'enseigne du roi Priam (notre tome VI, p. 61, note 6), il avait commencé, dit ailleurs Gaignières (Chansonnier, ms. Fr. 12 620, p. 259), par être commis, puis était devenu sous-fermier, fermier général, secrétaire du Roi, enfin secrétaire du Conseil, par la protection de son allié Colbcrt.
6. Voyez, dans le ms. Fr. 7754 et dans la Correspondance admi-
quis de Gesvres, dans la surintendance de la maison de Monsieur, quand ce dernier en fut chassé1. Béchameil s'y fit aimer, estimer et considérer2. Il étoit fort lié avec le marquis d'Effïat et le chevalier de Lorraine, et, par ce dernier, avec le maréchal de Villeroy3. G'étoit un homme d'esprit et fort à sa place4, qui faisoit une chère délicate, et choisie en mets et en compagnie5, et qui voyoit chez
nistrative, tome III, p. 229-232, des propositions d'affaires extraordinaires faites par lui à Colbert, en 1672. Après la mort du ministre, la bienveillance de Monsieur lui fut utile pour amortir en partie l'effet de poursuites où il risquait de se voir enlever une portion de sa grosse fortune, soit dans un procès contre les Galland où il s'agissait de sept cent mille livres, soit lorsque la justice l'actionna, ainsi que les héritiers Berryer, en restitution de plusieurs millions perçus par les deux financiers aux dépens du Roi. Béchameil, pour son compte, n'eut à payer que quelque trois cent mille livres, au lieu de seize cent mille que le contrôleur général le Peletier réclamait. Il est vrai que, deux ans auparavant, il avait déjà été condamné à restituer au Roi cinq cent mille livres, avec les intérêts d'un assez long temps. (Dangeau, tomes I, p. 118, 119 et 362, et II, p. 159; Sourches, tomes I, p. 180-181, et II, p. 198 ; notre tome IV, p. 421, note 4, et notre tome VII, p. 644-645.) Vers la fin du ministère de Pontchartrain, il fut encore poursuivi par une cabale qui voulait le chasser des bureaux du Contrôle général et de la maison de Monsieur.
1. Tome VII, p. 132. C'est l'abbé Dubois qui le proposa, comme on le voit par un mémoire reproduit dans le livre du comte de Seilhac, le Cardinal Dubois, tome I, p. 83 et 294-298.
2. Vi de considérer a été ajouté après coup. — La faveur de Béchameil fut assez grande, pendant un temps, pour qu'il obtînt le privilège extraordinaire d'entrer en carrosse dans la maison de Monsieur, comme les ducs et pairs au Louvre (Mercure, février 1688, p. 126-127; Dangeau, tome II, p. 104).
3. En août 1699, la cabale dont il a été parlé tout à l'heure, et que d'Effïat et l'abbé de Grancey appuyaient auprès du prince, parvint à enlever à son surintendant toutes les fermes de l'apanage : ce qui était une affaire d'un demi-million (Histoire journalière ou Gazette de la Haye, année 1699, n°75).
4. C'est-à-dire qui traitait respectueusement les gens de la caste supérieure, chose que Saint-Simon prisait avant tout : ci-après, p. 125, note 6.
5. Il a laissé son nom à la sauce au roux-blanc, et c'est, dit-on, lui aussi qui inventa les ragoûts à la financière et le vol-au-vent : voyez le Dictionnaire de Jal, p. 162-163.
lui la meilleure de la ville et la plus distinguée de la cour1. Son goût étoit exquis en tableaux, en pierreries, en meubles, en bâtiments, en jardins, et c'est lui qui a fait tout ce qu'il y a de plus beau à Saint-Cloud2. Le Roi, qui le traitoit bien, le consultoit souvent sur ses bâtiments et sur ses jardins, et le menoit quelquefois à Marly3. Sans Mansart, qui en prit beaucoup d'inquiétude, le Roi lui auroit marqué plus de confiance et de bonté. Son fils, qui portoit le nom de Nointel, fut intendant en Rretagne, et fort honnête homme4, que Monsieur fit faire conseiller d'État5. Réchameil fit de prodigieuses dépenses à faire des beautés en cette terre en Reauvoisis6. Le comte de Fiesque
1. Voyez l'article nécrologique que le Mercure lui consacra en mai 1703, p. 220-222. Béchameil avait cependant un parler fade, plein d'afféterie et ennuyeux, qui l'avait fait surnommer Bec-à-miel, et, comme il faisait profession d'être amoureux de la galante, mais très médisante duchesse de Brissac, sœur de notre auteur, les plaisants disaient que c'était bec à miel sur bec à fiel (Chansonnier, mss. Fr. 12 618, p. 383, et 12 620, p. 265 ; Lettres de Mme de Sévigné, tome VI, p. 415; Nouveau siècle de Louis XIV, tome IV, p. 193-194). Est-ce cette liaison qui fit marier la seconde fille de Béchameil avec l'héritier présomptif du duché de Brissac? Les libellistes du temps prêtaient au financier une autre galanterie avec la maréchale de la Ferté, qu'il aurait entretenue assez largement (Histoire amoureuse des Gaules, tome III, p. 321 et suivantes).
2. Comme surintendant des bâtiments de Monsieur, ainsi que de ses finances.
3. Dangeau, 2 juin 1697 (tome VI, p. 127) : « Il n'y eut point de Conseil le matin, et le Roi prit plaisir à faire voir ses jardins et ses fontaines (de Marly) à M. de Béchameil, qui a beaucoup de goût pour l'embellissement des maisons. »