‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 1 sur 610 · Le surcharge s[on · texte numérisé non relu

Le surcharge s[on

2. Tome XIII, p. 392, 393, 454, etc. — 3. Ibidem, p. 392, note 6.

4. Villars d'après sa correspondance, par le marquis de Vogué, tome I, p. 295-300. On voit dans ses Mé?noires, tome II, p. 204-214, qu'au reçu de la lettre de la main du 22 juin (Dépôt de la guerre, vol. 4933, fol. 64) qui lui demandait de « servir sous le duc d'Orléans et l'aider de ses conseils, » il supplia Mme de Maintenon et Chamillart de faire en sorte, pour le bien même du service, qu'il continuât la campagne préparée par lui, plutôt que de se risquer à un autre emploi et de prendre la succession de généraux dont il critiquait les plans. Selon Anquetil

Comader, dans le manuscrit.

Villars eût été perdu; de lui ou des conjonctures, tout fut trouvé bon1. Le même courrier2 lui fut renvoyé avec ordre de demeurer à la tête de son armée, et un autre à Marcin pour, dès qu'il y seroit arrivé (et qu'on ne savoit où prendre parles chemins3), s'en aller en Italie par la Suisse au lieu de Villars4. Le Roi exigea de M. le duc d'Orléans

(Galerie de l'ancienne cour, tome II, p. 82-84), il prétexta de douleurs de goutte, mais avoua au ministre qu'il redoutait les mauvais offices de Nancré, favori du duc d'Orléans.

1 . Ce refus excita des protestations de tous ceux qui savaient les profits faits par le maréchal en Allemagne, et notamment de la Feuillade et du duc de Vendôme. L'un écrivit à son beau-père (recueil Esnault, tome II, p. 109) : « Le maréchal de Villars vole impunément mille louis d'or par jour, et refuse de venir servir en Italie sous M. le duc d'Orléans. Si ce sont là les moyens de parvenir et d'être agréable, j'y renonce. » Et Vendôme (Mémoires militaires, tome VI, p. 201) : « Quand on est accoutumé de gagner deux cent mille écus par campagne, on a bien de la peine à venir dans un pays où il n'y a que des coups à gagner; mais je vous assure que je suis étonné de la bonté du Roi de souffrir de pareilles choses.... L'Italie étoit déjà alarmée de l'arrivée du maréchal de Villars; mais elle commence à se rassurer depuis que c'est le maréchal de Marcin qui vient, dont elle connoit la noblesse et le désintéressement. » A une lettre de Mme de Maintenon disant : «■ Le maréchal de Villars est le plus à son aise ; on prétend qu'il amasse beaucoup d'argent, et il n'a pas grand'chose à faire, car le prince de Bade est très foible, » Mme des Ursins répondit : « Je n'ose m'imaginer les raisons qui ont empêché M. de Villars de passer en Italie; j'en trouverois peut-être qui me révolteroient contre lui. Tout bien considéré, je crois que le maréchal de Marcin convient encore mieux. » (Recueil Bossange, tomes I, p. 21, et III, p. 316.) Nous retrouverons ces accusations contre Villars dans le prochain volume.

2. Le 2 juillet, un premier courrier avait emporté l'ordre exprès de partir, un second fut chargé du contre-ordre : Dépôt de la guerre, vol. 1933, fol. 62 et 64.

3. L'ordre de passer en Allemagne est du 21 juin, le contre-ordre du 1er juillet (Guerre, vol. 1933, fol. 70, et 1937, n° 17), et Chamillart écrivit le 6, à M. de Vendôme, les causes de ce changement, en lui recommandant d'attendre le prince. Les motifs qui avaient fait choisir Marcin sont expliqués dans plusieurs lettres (Guerre, vol. 1963, n0' 1, 6, 7, 27 et 28). Il n'accepta qu'à regret.

4. Ayant d'abord mis : un autre h Marchin, dès, ...de s'en aller, il a ajouté pr en interligne, après Marchin, mais a oublié de biffer

Savoie

la même1 parole, à legard de celui-ci2, qu'il lui avoit fait donner pour l'autre3. 11 l'entretint longtemps à Marly, le mercredi matin 30 juin. M. le duc d'Orléans prit congé, et s'en alla à Paris, d'où il partit le lendemain avec vingthuit chevaux et cinq chaises, pour arriver en trois jours à Lyon, et pousser de là, sans s'arrêter, en Italie4.

Mmes de Savoie sortirent de bonne heure de Turin5, Mmes de et se retirèrent à Goni. M. de Savoie reçut assez mal les

de avant s'en aller. — Dangeau a écrit simplement, sous les dates du 1er et du 2 juillet (tome XI, p. 146), que le Roi acceptait les raisons représentées par Villars. Les Mémoires de Sourches sont plus explicites (tome X, p. 113) : « Le 2, on se disoit à l'oreille que ce maréchal s'étoit excusé d'aller servir sous le duc d'Orléans, ce qui ne devoit pas gâter les affaires du côté de la Lombardie, et cela fut aussitôt confirmé par ce qu'on sut qu'il avoit refusé nettement d'aller en Italie, ce qui offensa terriblement les courtisans; mais le service du Roi n'y étoit certainement point intéressé, pourvu qu'il eût fait la chose avec le respect qu'il devoit, car le duc d'Orléans devoit être ravi d'avoir le maréchal de Marcin à sa place, et certainement l'armée d'Italie ne devoit pas manquer d'en avoir de la joie. »

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