Le 8 juillet
3. La Gazette raconta (p. 357) sa visite aux tranchées. Il y a aussi une lettre du camp dans les Mémoires de Sourches, p. 127-128.
4. Tomes III, p. 132 et suivantes, et XIII, p. 365. Vauban écrivait encore au ministre, le 23 juillet (Guerre, vol. 1938, n° 302) : « Faitesmoi l'honneur de me croire une fois pour toutes. On ne prendra jamais Turin par où on l'attaque, supposé que ces gens-là fassent leur devoir.... Vous aurez même bien de la peine à réussir présentement par les Capucins, parce que votre armée me paroît désormais bien foible. La chicane des mines vous mènera jusqu'à la fin du monde, et ne vous sera bonne qu'à faire enterrer tous vifs ce que vous avez de meilleur, parmi vos troupes.... La grande faute du siège vient du mauvais et obstiné choix des attaques, qui ne dévoient jamais être par là, et de la foiblesse de votre armée. » Comparez un mémoire qui est en copie au Dépôt des affaires étrangères, vol. France 448, fol. 22-33.
5. Tomes IX, p. 84-85, XI, p. 272-273, 276-268, et XII, P. 128-129.
6. Voyez les renseignements recueillis par l'auteur des Mémoires de Sourches, p. 94-95, 99-100, 105, 110-118, etc., les articles de la Gazette, p. 272-346, passim, les considérations de Feuquière et de Quincy, surtout les rapports des ingénieurs, vol. Guerre 1975! Beaucoup de pièces de la correspondance sont comprises dans le recueil Esnault.
7. En fait, rendant compte au Roi le 10 juillet (Mémoires militaires, p. 203-206), il présenta quelques observations, particulièrement sur la lenteur du travail des mines et sur la nécessité de ménager l'infanterie
Mauvaise conduite de la Feuillade,
fort haï.
parti1, la Feuillade remit tout, de son autorité, en son premier état, continua* de pousser sa pointe, et toujours sans consulter qui que ce fût, depuis le commencement jusqu'à la fin. Sa conduite impérieuse, le peu d'accès qu'il donnoit auprès de lui, sa hauteur avec les officiers, même3 généraux, et ses propos durs, avec l'audace d'un étourdi qui compte éblouir par sa valeur, et tout permis au gendre du tout-puissant ministre, le firent détester de toute son armée, et mit4 les officiers généraux et particuliers en humeur et en usage de s'en tenir exactement et avec précision à leur fait et à leur devoir, sans se soucier de la besogne, ni daigner remédier ni rien faire, sur quoi que ce fût, à rien, quelque nécessité qu'ils y vissent, par pique, par dégoût, et par la crainte aussi qu'on leur demandât de quoi ils se mêloient. Avec un tel général, qui avoit mal enfourné5, qui manquoit par l'impossibilité de ce que Vauban avoit cru nécessaire, et secouru de la sorte, ce n'étoit pas de quoi prendre Turin. On prit de temps en temps quelques ouvrages extérieurs, dont les nouvelles, venues par des courriers, étoient bien vantées à la cour et faisoient sans cesse tout espérer6; mais nos mines alloient si mal, que la Feuillade s'en plaignoit lui-même par ses7 lettres8,
en vue d'un très long siège, mais reconnut l'impossibilité de modifier le plan d'attaque.
1. Le 11. M. de la Feuillade était parti la veille pour reprendre la poursuite du duc de Savoie, et il revint au camp le 17.