Tome XI, p. 456-162 et 164, et ci-dessus, p. 5, note
2. Tout en trouvant qu'il était bon d'éloigner Victor- Amédée et de mettre ses États à contribution, Chamillart ne cessait de répéter à son gendre que cet ennemi serait insaisissable et que le principal objet, pour la gloire de l'assiégeant, était de brusquer le siège, peut-être même de tenter une surprise de vive force (Guerre, vol. 1966, nos 280 et 287). Nous avons constaté (tome XIII, p. 367, note 5) que Chamillart ne s'abusait pas; dans une lettre du 5 mai, il exposa à son gendre (Mémoires militaires, p. 630) tous les motifs qu'il avait d'être inquiet, grandeur de l'entreprise, contradiction des avis des gens les plus compétents, forces des assiégés, incapacité des ingénieurs français, etc.
3. Chamarande était d'avis de travailler par la mine, mais reconnaissait que ce serait fort long (Dangeau, p. 158).
4. Louis-Nicolas d'Ornaison de Chamarande, dit le marquis de Buzancy, avait eu le régiment de la Reine-infanterie en mars 1702, n'étant pas encore âgé de dix-neuf ans, mais s'était distingué à Hochstedt (recueil Esnault, tome I, p. 373-375). Il fut tué le 16 juillet : Dangeau,\>. 161-162; Sourches, p. 131; Guerre, vol. 1975, n° 76; Gazette, p. 369 ; Mercure d'août, p. 143-150. Restait un cadet de douze ans, pour qui le régiment fut réservé; mais il mourut en 1716, dernier du nom.
régiment de la Reine, que lui-même avoit eu avant lui1.
M. le duc d'Orléans passa au siège2. La Feuillade le Duc d'Orléans reçut magnifiquement et lui montra tous les travaux ; il le ^^^^f' mena aux attaques, et lui fit tout voir3. Le prince ne fut peu content, content de rien : il trouva qu'on n'attaquoit point par où il auroit voulu, et fut en cela de même avis que Catinat, qui connoissoit si bien Turin, que Vauban, qui l'avoit fortifié*, que Phély peaux, qui y avoit demeuré des années5, et tous trois sans s'être concertés. Il ne le fut pas davantage des travaux, et il trouva le siège fort peu avancé6. Il ménagea pourtant fort la Feuillade ; mais il ne crut pas lui devoir sacrifier le succès : il fit donc changer et ordonna le changement de beaucoup de choses7; mais, dès qu'il fut
1. Le père avait eu la commission de colonel-lieutenant le 20 mars 1693. Ce régiment datait de 1634 environ : Susane, Histoire de V infanterie française, tome IV, p. 18-33.