‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 103 sur 610 · Tomes XII, p. 157-158, note 3, et XIII, p · texte numérisé non relu

Tomes XII, p. 157-158, note 3, et XIII, p

2. Dangeau, p. 211-212, 18 septembre, et p. 216 et 222; Sourches, p. 177-178; Gazette, p. 471, 484-485 et 490; Gazette d'Amsterdam, n09 lxxviii et suivants, articles de Hambourg; recueil de Lamberty, tome IV, p. 259 et suivantes.

3. Capitale de la Misnie, devenue considérable par la résidence des Électeurs, qui y avaient un palais et des jardins magnifiques.

4. Leipzig, aussi en Misnie, sur le Plaiss; ville importante par sa vieille université, ses foires et la bibliothèque Pauline. — Ici, Leïpsic.

5. Christine-Éberhardine de Brandebourg-Bareith (tome IV, p. 188) était protestante, tandis que son mari s'était converti en 1697 pour devenir roi de Pologne. Ils n'avaient qu'un fils.

6. Baireuth, Bayreuth, Bareuth ou Bareith, en Franconie, résidence des margraves de Brandebourg-Culmbach, qui y avaient une cour renommée.

7. Christian-Ernest (27 juillet 1644-10 mai 1712), qui succéda en 1655 à son aïeul, comme margrave de Brandebourg-Bareith, servit dans les armées de l'Empereur et des cercles, et arriva au grade de maréchal général.

8. Dangeau, p. 256-258, 262 et 274; Sourches, p. 227-231. Ci-après, p. 108, note 2. — 9. Le corrige s[on).

10. Gustave, baron de Mardefeld (1664-6 décembre 1729), feld maréchal et gouverneur de la Poméranic, ministre de Prusse à Pétersbourg en 1726. Beaucoup d'historiens et de documents du temps confondent avec Meyerfeld.

11. Dangeau, p. 249 et 252; Sourches, p. 213 et 219-223; Gazette d'Amsterdam, n08 xcu et ci, Extr. xevi et xcvii; Gazette, p. 556, 569, 570, 577 et 591-592; Journal de Verdun, p. 417-418; Theatrum Europœum, année 1706, p. 310; Morèri, tome III, p. 519. Cette bataille fut donnée à Kalisch, le 29 septembre; les Saxons, Polonais, Cosaques, etc., avaient quarante mille hommes, contre dix mille Polonais

Patkul,

et

sa catastrophe.

hommes et se retira en Silésie, dont l'Empereur n'osa se fâcher1. Là-dessus, le roi de Suède éclata comme contre un manque de foi insigne. C'est ce qui lui fit imposer au roi Auguste les conditions les plus humiliantes, et achever de ruiner ses pays par tout ce qu'il en exigea. Il dicta la paix2, par laquelle, outre beaucoup d'autres détails, il le fit consentir à abandonner tout ce qu'il lui restoit de parti, et la Pologne, avec la Lithuanie, à Stanislas, à en quitter le titre et ne porter plus que celui de roi-électeur, de souffrir toute l'armée suédoise en Saxe, aux dépens du pays, jusqu'au mois de mai, c'est-à-dire six grands mois encore3, de livrer ce qu'il avoit en Saxe de troupes moscovites, et de renoncer à toute alliance avec le Czar, de remettre en liberté les deux Sobieski, fils du feu roi de Pologne4, enfin de lui envoyer pieds et poings liés le général Patkul, auquel, incontinent après, il fit couper publiquement la tête5. Ce Patkul 6 étoit passé en Pologne sur ce

et Lithuaniens confédérés, unis au petit corps d'armée suédois de Mardefeld, qui, laissé avec quelques troupes en haute Pologne par Charles et Stanislas, était venu remplacer Rehnskiôld en septembre.

1. Mardefeld, fait prisonnier, ne put se retirer en Silésie; c'est Dangeau qui a dit : « Le général Mardefeld marche vers la Silésie, avec ce qu'il a pu rassembler de ses troupes. »

2. La paix déjà signée par les commissaires des contractants le 24 septembre, mais qui ne fut ratifiée par Auguste qu'à la fin d'octobre, à Altranstâdt, et publiée à Dresde le 24 novembre. L'analyse en est donnée dans la Gazette de 1706, p. 591-592, le texte latin et la traduction dans le recueil de Lamberty, tome IV, p. 273-284 et 439-440, et dans le Moréri, éd. 1718, tome II, p. 274-275, art. Charles XII; comparez le Corps diplomatique, tome VIII, lre partie, p. 204.

3. Jusqu'au mois de septembre 1707, la Saxe fut occupée par quarante-trois mille Suédois, qui d'ailleurs vivaient dans la plus stricte discipline.

4. Tome XII, p. 40. Les deux princes eurent une entrevue avec Charles XII et Stanislas, le 22 décembre.

5. Notre auteur prend ces détails dans le Journal de Dangeau, p. 257-258. Comparez les Mémoires de Sourches, p. 239-244, et la Gazette, p. 580, 591-592, 603, 613-615 et 625.

6. Jean-Reinhold Patkul, né en 1660, Livonien et sujet suédois d'origine, puis général au service du roi Auguste, avait été enfin général

qu'étant député à Stockholm de la noblesse de Livonie poussée à bout par la chambre des Revisions qui ruina la Suède sous le précédent règne et en anéantit l'ancienne noblesse, et dont les exactions et ceux qui les exerçoient étoient encore plus insupportables1, il avoit parlé avec tant de liberté, qu'il avoit été obligé de s'enfuir2. G'étoit un homme de tête, de ressource et de grand courage, qui étoit fort suivi3 et fort accrédité dans son pays, lequel étoit outré contre la Suède, et plus encore contre ses ministres. Patkul, n'espérant plus de sûreté sous cette domination, ne songea qu'à se venger de la Suède : il persuada au roi Auguste d'entrer en Livonie et d'y appeler les Moscovites*. Le succès répondit à ce qu'il s'en étoit proposé : aucun général ennemi ne nuisit plus que lui aux Suédois. Il en encourut une haine si personnelle, que le roi de Suède ne voulut point de paix qu'avec une condition expresse qu'il lui seroit livré5 : il le fut; il lui en coûta la vie

au service du Czar et son ambassadeur auprès d'Auguste. Notre auteur prend sa biographie, établie d'après Y Histoire du roi Charles XII par Voltaire, dans le Moréri de 1735, tome II, 2e partie, p. 22-23.

1. Il a déjà été parlé de cette tyrannie du roi Charles XI et de la chambre des Revisions dans notre tome IV, p. 128-130. Comparez l'Introduction que feu M. Geffroy a mise en tête du recueil des Instructions aux ambassadeurs en Suède, p. lxxiv-lxxv.

2. Le récit est dans le Moréri. En 1698, Patkul vint en France pour obtenir que le Roi sollicitât sa grâce auprès de Charles XII.

3. Ce n'est pas le même sens que dans notre tome III, p. 114 : « peu suivi et peu d'accord avec soi-même, » mais plutôt celui qu'on a dans cette phrase de YHistoire universelle de Bossuet : « Ceux qui étoient suivis étoient ceux qui enseignoient, etc. »

4. Notre auteur omet ce détail important que Patkul agissait alors comme ambassadeur et général du Czar.

5. Il omet également que Patkul, le 19 décembre 1705, avait été arrêté à l'instigation de ses adversaires le général Flemming et le chancelier de Saxe, partisans de la paix à tout prix entre Charles XII et leur maître, et qu'on l'avait enfermé à Kônigstein, comme coupable d'intelligences avec le Czar et l'Empereur (Gazette de 1706, p. 15, 28, 40, 52, 62, 64, 157 et 171). Un libelle parut en sa faveur au mois d'avril 1706; mais l'article xi du traité d'Altranstàdt stipula qu'il serait livré à Charles XII.

sur un échafaud1, et au roi de Suède un obscurcissement à sa gloire2. Elle lui avoit dressé un tribunal3 en Saxe, qui imposa des lois à tout le Nord, à une partie très vaste de l'Allemagne, à l'Empereur même, qui n'osa lui rien refuser, et à qui il demanda des restitutions et d'autres choses fort dures4. Il étoit en posture d'être le dictateur de l'Europe, et de faire faire la paix à son gré sur la succession d'Espagne. Toutes les puissances en guerre avoient recours à lui ; il étoit mieux avec la France et plus enclin à elle qu'à pas une des autres, qui toutes5, malgré leurs succès contre la France, le craignirent ainsi placé en Allemagne, au point d'en passer par tout ce qu'il eût voulu, plutôt que de risquer de l'y voir avancer avec son armée et se déclarer contre elles6. Les plus grands rois sont malheureux : Piper7 étoit son unique ministre qui l'avoit

1. Condamné le 14 février 1707, non à la décapitation, mais au sup plice de la roue et de l'écartèlement, il ne fut exécuté que six mois plus tard, le 10 octobre (Gazette, p. 111 et 531; Sourches, p. 270 et 423; Gazette (V Amsterdam, Extr. lxxxv et lxxxvii ; Lamberty, Mémoires, tome IV, p. 252, 292, 451-454, 456 et 459-461). Auguste, qui avait essayé de le faire évader avant qu'il fût remis à Charles XII, ne put que recueillir ses restes en 1713, et il les fit inhumer à Varsovie.

2. « La mort de Patkul n'a point fait d'honneur au roi de Suède, qui, par cette mort cruelle, avoit plus cherché à se venger qu'à punir » (Moréri). Voyez l'article Patkul dans Y Allgemeine deulsche Biographie.

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