Trente-cinq ou trente- six
5. C'est le texte de la lettre de Berwick reproduite par Dangeau et résumée dans les Mémoires de Sourches.
6. Saint-Simon écrit : Bey, et Mme d'Huxelles : Bé. — Alexandre Maitre de Bay, Franc-Comtois né vers 1650, et que notre auteur dira fils d'un cabaretier de Gray, mais à qui les généalogistes donnent pour père un gouverneur des forts de Salins, seigneur de. Sornay, Hugier et Bay, était général-major au service de la Hollande lorsqu'il passa dans l'armée franco-espagnole de Flandre commandée par Bedmar et par le duc de Bourgogne en 1702, par Boufflers en 1703. A cette dernière date, il fut crép lieutenant général par Philippe V. Venu en Espagne, il reçut un titre de marquis en juillet 1704, le grade de directeur général de la cavalerie en septembre, et, quelques mois plus tard, la capitainerie générale d'Estramadure. En septembre 1706, il eut celle des deux Castilles, À la fin de 1707 l'ordre de la Toison d'or.
L1706J DE SAINT-SIMON. Ho
y avoit perdu1. Après ces exploits2, les armées se séparèrent et entrèrent en quartier d'hiver3. Presque toutes ces conquêtes furent rançonnées, et valurent beaucoup d'argent comptant au roi d'Espagne. Peterborough \ qui volet il mourut le 14 novembre 1715, à Badajoz. Nous le verrons remporter jusqu'à la fin de la guerre de grands succès, mêlés de revers.
1. Dangeau, p. 273 ; Sourches, p. 240-241 ; Gazette de 1706, p. 632, et de 1707, p. 6; Guerre, vol. 1978, n09 274 et 275. Cette ville, que nous avons vue tomber aux mains des alliés en avril (tome XIII, p. 361), fut surprise dans la nuit du 14 au 15 décembre, sans qu'il en coûtât plus de douze hommes, à ce que raconte une lettre de Mme des Ursins dont le fac-similé figure dans le Catalogue de ta collection d'autographes de M. Bovet, n° 2065. La lettre de Philippe V à son grand-père, sur ce même succès, est au Dépôt de la guerre, vol. 1980, fol. 125 v°.
2. Campagne des plus singulières, où, après avoir redouté une ruine totale, on réussit partout, disent les Mémoires de Berwick.
3. Le volume Espagne 165 du Dépôt des affaires étrangères contient, fol. 339, une lettre de Chamillart à Berwick, sur la situation des choses en décembre, qui fut interceptée ou soustraite, et que les alliés firent imprimer en italien. L'Extraordinaire xiv de la Gazette d'Amsterdam en parle.
4. Charles Mordaunt, né en 1658, fils d'un pair anglais, avait été des premiers à solliciter la venue du prince d'Orange, qui le mit à la tête de la trésorerie avec un titre de comte de Monmouth ; mais il quitta ce poste pour mener l'opposition contre le parti tory, et mérita, par sa violence, d'être enfermé quelque temps à la Tour de Londres. Devenu comte de Peterborough en 1697, la reine Anne l'appela, en 1702, à prendre le gouvernement de la Jamaïque et la direction des forces anglaises en Amérique, puis, en 1705, à commander l'armée envoyée en Portugal avec l'Archiduc et le prince de Hesse-Darmstadt. Ceux-ci lui ont dû la prise de Valence et de Barcelone, la défaite des Français dans leur tentative pour reprendre cette ville, et l'occupation passagère de Madrid. En septembre 1706, comme il ne s'entendait pas avec Gallway, la reine a échangé son commandement militaire contre un titre d'ambassadeur auprès de l'Archiduc, et il recevra plusieurs missions successives, au cours d'une desquelles, en 1713, il fera deux apparitions à Versailles, étant alors devenu colonel des horse-guards, lord-lieutenant du comté de Northampton et chevalier de la Jarretière. En avril 1711, il sera fait gouverneur de Minorque. Sous le règne de George 1er, il deviendra, pour le reste de sa vie, général des forces navales do l'Angleterre. Mort à Lisbonne le 5 novembre 1735 (Gazette, p. 607). Maeaulav a dit que « ce fut, sinon le plus grand, du moins le plus extraordinaire caractère de cette époque, sans en excepter le roi
Villars
et le duc de Nouilles de
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tigeoil souvent d'Angleterre en Espagne, en Italie, en1 Portugal, el par toute l'Europe2, porta en ce même temps un secours de cent cinquante mille pistoles à l'Archiduc, dans le royaume de Valence, des contributions que le prince Eugène venoit de tirer du Milanois et des pays voisins3. Le Roi, en ce même temps4, fit entrer le duc d'Albe dans son cabinet après sa messe, avant le Conseil : il lui dil qu'il avoit cru devoir faire proposer des conférences aux ennemis pour établir une bonne paix, qu'ils les avoient refusées, qu'ainsi il ne falloit plus songer qu'à la guerre, et l'espérer plus heureuse la campagne prochaine qu'elle ne l'avoit été celle-ci. Le duc d'Albe, qui, dans la situation d'alors, craignoit fort ces conférences, sortit du cabinet du Roi extrêmement soulagé5.
Ce qu'il y avoit d'Impériaux à Iïagenbach, sousThùngen,
ayant repassé le Rhin à la mi-novembre, Villars sépara
retour*. son armée pour entrer en quartiers d'hiver6. Il fit un tour
de Suède lui-même. » Voyez l'article du Dictionory of national bioqraphy, tome XXXVIII, p. 393-403.
1. Italie a été ajouté à la fin de la ligne, et le second en au commencement de la suivante.
2. Lui-même prétendait avoir vu plus de rois et de postillons que personne au monde. « Le repos lui était insupportable. 11 aimait à courir autour de l'Europe plus vite qu'un courrier. 11 était une semaine à la Haye, et à Vienne la semaine suivante ; alors, il lui prenait fantaisie de voir Madrid, et à peine avait-il atteint Madrid, qu'il demandait des chevaux et partait pour Copenhague.... » (Macaulay .) Aujourd'hui beaucoup de ces exploits sont contestés, comme ne reposant que sur les mémoires du capitaine Carlton.
3. Nouvelle enregistrée par Dangeau dans les mêmes termes, le 29 décembre, p. 273 ; comparez le recueil de Lamberty, tome XIV, p. 284-284.
4. Le 23 novembre: Dangeau, p. 253-254; Sourches,\). 218 et 224.
5. « Il voyoit bien, dit Dangeau, que la paix, en l'état où sont le> affaires, ne se pouvoit pas faire sans que la monarchie d'Espagne en fût démembrée. » J'ai dit dans le tome XIII quelles propositions Louis XIV s'était résigné à faire faire sous main, mais sans succès; le triumvirat continuait à repousser toutes les ouvertures.