‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 112 sur 610 · Voyez la suite des Mémoires, éd. 1873, tome l · texte numérisé non relu

Voyez la suite des Mémoires, éd. 1873, tome l

mieux fait, et dont la figure fit sa fortune chez Monsieur1, en obtint, malgré Madame, cette place de dame d'atour quand Mme de Durasfort* mourut, qui l'avoit été lorsque [Mme]3 de Gordon la quitta, qui l'avoit été auparavant de feu Madame4, et, pour tout accommoder, le Roi permit que Madame eût une seconde dame d'atour, laquelle vouloit opiniâtrement Mlle de Châteautiers, une de ses filles d'honneur, que cette place fit appeler Madame1. L'amour

i. Tomes II, p. 206-207, et VIII, p. 327 et 342.

2. Marie de Durfbrt-Duras, qu'on appelait Mme de Durasfort quoique non mariée, était la dernière sœur des deux maréchaux de Duras et de Lorge, par conséquent tante de Mme de Saint-Simon. Née à Duras le 26 janvier 1648 et très fervente protestante, elle fit une éclatante conversion entre les mains de Bossuet, le 22 mars 1678 (Floquet, Bossuet précepteur du Dauphin, p. 381-396 ; comte de Bâillon, Henriette-Anne d'Angleterre, p. 143-145). Elle mourut à Saint-Cloud. dans la nuit du 12 au 13 mai 1689, après avoir été longtemps et singulièrement malade (Dangeau, tome II, p. 358, 382, 386 et 391-393; Sourches, tome III, p. 41 et 89-90; Notes tirées du cours d'opérations de Dionis, p. 792). Femme de beaucoup d'esprit et de mérite, disent les contemporains.

3. Les huit derniers mots sont en interligne ; mais le second Mme manque.

4. Henriette de Gordon-Huntley, de grande famille écossaise, d'abord fille d'honneur de la Beine. Il a été parlé d'elle dans l'appendice XXV de notre tome VIII, p. 625, note 1. Toute dévouée à Monsieur, elle était haïe et redoutée de la seconde Madame : voyez les Lettres de Mme de Se vigne, tome III, p. 181, les Mémoires de Sourches, tome I, p. 137 et 263, la Correspondance de Madame, éd. Brunet, tome I, p. 217, et éd. Jaeglé, tome I, p. 31-32, les Lettres de Mme Dunoijer, tome II, p. 276-277, le Nouveau siècle de Louis XIV, par Brunet, p. 80, etc.

5. La belle Bourguignonne Anne de Foudras (tome 1, p. 72), qui, entrée dans les tilles d'honneur en juillet 1679, fut alors considérée comme une future rivale de la Fontanges (Correspondance de Busstf, tomes IV, p. 419 et 424, et V, p. 126 et 128). C'est en mai 4689 (Dangeau, tome II, p. 394) que, pour elle, la charge de dame d'atour fut partagée en deux, comme ensuite celle de premier gentilhomme de Monsieur, en 1694, pour les deux Chàtillon. Après la retraite de Mme de Chàtillon, Mme de Châteautiers resta seule titulaire, et ou augmenta le fonds de la garde-robe; mais Mine de Chàtillon conserva les six mille livres d'appointements, dont elle avait grand besoin.

ne dura que peu d'années entre M. et Mme de Châtillon; ils se brouillèrent et se séparèrent avec éclat1, et, quoique dans la nécessité de passer leur vie dans les mêmes lieux, par leurs charges, et de se rencontrer tous les jours, ils ne se raccommodèrent2 jamais. Mme de Châtillon n'avoit jamais été trop bien avec Madame3. Elle étoit extrêmement du grand monde et importunée de l'assiduité. Avec un4 esprit médiocre, elle prétendoit en avoir beaucoup, et devenoit ridicule en étalant du bien-dire et de l'écorce de science tant qu'elle pouvoit; flatteuse, moqueuse et méchante. Elle et sa sœur étoient bien avec Monseigneur, et fort des amies de Mme la princesse de Conti de tous temps. Jamais on ne vit un plus beau couple, ni de si grand air, | que M. et Mme de Châtillon5.

Livry, qui avoit déjà quatre cent mille livres de brevet Mariage du fils de retenue sur sa charge de premier maître d'hôtel du t,e Llvry

. . avec

Roi6, en eut soixante mille livres d'augmentation7, et la une mie survivance de sa capitainerie de Livry8 pour son fils", en

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