‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 116 sur 610 · HÉM0IRE · texte numérisé non relu

HÉM0IRE

prendre1 le nom de duc de Saint-Aignan, et le maria à la fille unique de Besmaus1, extrêmement riche1. Sa mère étoit

revenu. M. el Mme de Beauvillier veulent qu'il ait la terre et le duché de Saint- Aignan, et y joignent même beaucoup de terres qu'ils ont acquises ;uix environs, et ils le rendront par là grand seigneur. » {Dangeau.) L'acte passé entre eux le 2 décembre 1706, et homologué

par le conseil de famille, fut enregistré au (matelot le 1er février 1707, reg. Y 279, fol. 122. Le Roi donna son autorisation le S décembre (Ârch. nat., 01 50, fol. 131 v°), et M. de Beauvillier joignit encore au duché la baronnie de la Salle (Dangeau, p. 249 et 260-261 ; Mercure de janvier 1707, p. 351-353). Paul-Hippolyte avait fait la campagne de la Moselle comme simple capitaine et aide de camp de Marcin; il tit toutes les suivantes comme mestre de camp d'un régiment donné par M. de Beauvillier, fut installé duc et pair en 1711, avec une charge de premier gentilhomme du duc de Berry, eut la survivance du gouvernement de Loches en 1714, accompagna la nouvelle reine d'Espagne jusqu'à Madrid, et y resta comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire depuis le 1er avril 1715 jusqu'au 13 décembre 1718. Il avait été créé brigadier le 1er juillet 1717 et avait vendu son régiment au fils aine de notre auteur; le duc d'Orléans lui donna une place au conseil de régence (novembre 1718) et le gouvernement général du Havre, sur la démission du duc de Mortemart (22 septembre 1719). Créé bailli du pays de Caux en octobre 1723 et chevalier des ordres le 3 juin 1724, élu membre de l'Académie française le 12 décembre 1726 et nommé membre honoraire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres le 23 décembre 1732, désigné pour Tarn bassade de Rome en octobre 1730, il arriva à ce poste le 13 mars 1732, le quitta le 18 septembre 1740, ayant été, dans l'intervalle, promu maréchal de camp (1734), lieutenant général (1738), et fut gouverneur de Bourgogne jusqu'à la majorité du prince de Coudé (1740- 1754). Il mourut à Paris, le 22 janvier 1776.

1. Ces trois mots sont en interligne, au-dessus d'i/ prit, biffé.

2. Marie-Geneviève de Monlezun de Besmaus, baptisée à l'église Saint-Paul le 10 septembre 1691, fut mariée au nouveau duc par contrat du 20 janvier 1707 (minutier de Me Blanchet) et par cérémonie du 22, et mourut à Rome le 15 octobre 1734. 11 avait été question, au commencement de 1706 (Gazette d'Amsterdam, n° xwiu, que M. de Saint-Aignan épousât Mlle de la Fayette, celle que nous avons vu marier au prince de Tarente, puis (Sourches, p. 234) Mlle Mascranny ou Mlle de Guiscard. Devenu veuf, il se remaria, à soixantetreize ans, le 9 novembre 1757, avec une fille du prévôt des marchands Turgot.

3. Plus d'un million de bien échu, dit Dangeau, p. 266 et 289.

fille de Villacerf, son père étoit mort jeune1. Besmaus2 père de celui-là3 étoit un gentilhomme gascon4 qui avoit été capitaine des gardes du cardinal Mazarin, et5 depuis très longtemps gouverneur de la Bastille, où il s'étoit extrêmement enrichi6. 11 avoit toujours conservé de la considération du

1. François-Jean-Baptiste de Monlczun, marquis de Besmaus, baptisé à Sceaux le 21 juillet 1680, ayant déjà seize ou dix-sept ans, et tenu sur les fonts par Colbert, figura au carrousel de 1685, acheta la charge de cornette des chevau-légers de la garde, servit dans la guerre suivante et devint premier cornette en décembre 1693, mais fut forcé par sa mauvaise santé de quitter le service, et mourut le 10 octobre 1696, ayant un brevet de mestre de camp. Il avait épousé, par contrat du 11 février 1688 (Arch. nat., Y 252, fol. 312 v°), Geneviève- Marguerite Colbert de Villacerf, fdle ainée du premier maitre d'hôtel et sœur de la marquise du Montai; elle mourut deux mois après lui, et fut inhumée à ses côtés, dans l'église Saint-Paul, le 27 décembre 1696.

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