H., en abrégé, dans le manuscrit, ici et dans la suite
5. Luy corrigé en faire. — 6. Lisez : 1638, comme au tome V, p. 217. 7. Cependant la duchesse abjura jusqu'à deux fois, la première à
Sully, parce qu'on ne voulait la marier que catholique, après quoi elle se rétracta à Jargeau, et la seconde à Saint-Nicolas-des-Champs, pour obtenir du Pape la dispense de parenté et rendre le mariage plus solennel. Finalement, elle mourut protestante, quoique ses enfants fussent catholiques, et elle fut enterrée dans le cimetière des réformés, à Charenton.
éteinte1. Elle eut son effet par la mort de ce même duc de Rohan, qui ne laissa qu'une fille unique, née en 16172, qui étoit peut-être alors la plus grande héritière qui fût dans le Royaume. Cette raison, et celle de la religion dont elle étoit, fit toute la difficulté de son mariage du vivant de son père, et fort longtemps depuis. Le duc de Rohan, et, depuis lui, la duchesse sa veuve, ne la vouloient donner qu'à un huguenot comme eux : tantôt il ne se trouvoit point de parti sortable pour elle dans cette religion, tantôt ceux qui auroient été écoutés avoient l'exclusion du Roi, ensuite de la Reine régente3, qui vouloient ôter ces grands établissements de terres en Rretagne à la religion prétendue réformée*, dans une province si voisine de l'Angleterre, environnée de la mer de trois côtés, et à qui les temps permettoient encore d'être jalouse de ses privilèges. A ces difficultés il s'en étoit joint une autre, qui arrêta des prétendants : ce fut le procès de ce Tancrède qui se prétendoit son frère légitime de père et de mère5,
1. Cette ligne et demie est soulignée dans le manuscrit, et imprimée en italique comme dans le texte des lettres d'érection que donne Y Histoire généalogique, tome IV, p. 202. Le parlement de Paris n'enregistra que sur une jussion expresse du Roi, en protestant contre l'oubli de la clause fondamentale de réunion au domaine de la couronne, à défaut d'hoirs masculins, que prescrivait l'ordonnance de 1568.
2. Marguerite de Rohan : tome V, p. 218. — 3. Anne d'Autriche,
4. Il a écrit : Religion P. R. L'usage était même d'écrire : R. P. R.
5. Tancrède devait être issu de la liaison de Mme de Rohan avec le duc de Candalle. Né clandestinement le 15 décembre 1630, et élevé d'abord en Normandie chez un maître d'hôtel des Sully, puis mené en Hollande à l'âge de sept ans, sa mère l'en rappela pour le faire reconnaître comme enfant né durant le mariage, légitime par conséquent et primant les droits de la fille unique. Cette affaire, qui « partialisa » tout Paris, fut plaidée au Conseil, ensuite à la grand'chambre (1645), et Mme de Rohan fut déboutée finalement par un arrêt du 26 février 1646. Cependant la Fronde aurait donné à Tancrède quelques facilités pour se faire recevoir duc de Rohan, s'il n'eût péri dans le combat dont il sera parlé plus loin. Le P. Griffet, l'historien de Louis XIII, a fait paraître à Liège, en 1767, sans nom d'auteur, une Histoire de Tancrède de Rohan écrite dans un sens favorable à celui-ci.
dont ' le procès a été trop célèbre et trop connu pour s'arrêter ici à l'expliquer, et qui ne se termina que par sa mort, arrivée, sans avoir été marié, au combat du faubourg Saint- Antoine, en 1649 2. Mlle de Rohan s'ennuyoit cependant d'un célibat auquel elle ne voyoit point de fin, sous l'aile d'une mère jalouse et sévère3. On étoit en 1645, au milieu des troubles de la Régence; elle avoit vingt-huit ans4. Elle trouva Henri Chabot, sieur de Sainte-Aulaye5, fort à son gré, qui étoit un des hommes de France le mieux fait et le plus agréable6, et qui n'avoit qu'un an plus qu'elle7, arrière-petit-fils de Guy Chabot, seigneur de Jarnac8, si
Il y a aussi un manuscrit sur le même sujet à la bibliothèque de Nantes, ms. 1897. Un exemplaire du manifeste publié par la duchesse en 1646 et un autre de l'arrêt du 26 février ont été placés par Saint-Simon dans le volume 31 de ses Papiers, aujourd'hui France 186, fol. 219-253. Comparez le ms. Fr. 22 344, fol. 211-230, et voyez aussi YHistoire des princes de Condé, tome V, p. 35-39, 436 et 438-442.