Charles III de Rohan
6. Le c de contre surcharge un d, et Luxembourg est abrégé en Lbg.
7. Il a été parlé plusieurs fois de ce prince, à propos du procès (tome II, p. 16, 75, 101 et 237), mais point de son caractère. On a vu cependant, dans notre tome V, p. 264, dans la grande Addition sur l'Ordre (tome I, p. 320), et dans la notice sur la promotion de 1688 (tome V, p. 571-572), qu'il voulut être compris dans cette promotion à son rang de duc quoique son père, le fou Montbazon, ne se fût pas démis, mais qu'il « ne fut pas écouté. » Il a été parlé aussi, en 1699, de sa réception au Parlement (tome VI, p. 233-234). Enfin, dans la notice Montbazon (Écrits inédits, tome VIII, p. 161-163), on trouve son article avec une très singulière anecdote de chaise percée qui n'a pas passé dans les Mémoires. Lui et sa femme (tome XIII, p. 53) ont figuré au mariage de notre auteur (tome II, p. 477), et le prince
L'oisiveté, l'ennui lui avoient fait passer la mer pour acheter des chevaux1. Il vivoit à Londres, comme à Paris, dans l'avarice et l'obscurité, sans y voir qui que ce fût qui eût ni nom, ni emploi, ni figure. Le contraste du brillant du prince de Léon et du chevalier de Rohan le piqua à travers sa stupidité, sans toutefois vouloir rien faire de tout ce qui le pouvoit mettre dans une meilleure compagnie et le faire considérer. Il étoit l'aîné de la maison de Rohan ; l'extrême bêtise n'empêche pas l'orgueil : il s'imagina que son nom de Guémené le faisoit ignorer tandis que celui de Rohan procuroit au chevalier de Rohan et à son frère toutes les prévenances dont il n'avoit éprouvé aucune, dans le souvenir qu'il supposa que les Anglois avoient du célèbre duc de Rohan et de la figure qu'il avoit faite dans les guerres de la Religion, et Soubise, son frère2, mort chez eux. Plein de ce dépit, il repassa la mer, et conçut le dessein de faire quitter le nom et les armes de Rohan aux enfants du duc de Rohan. Il lui fallut du temps pour consulter ce projet3, et pour le mettre en exécution. Il n'y a si mauvaise affaire qui ne trouve des avocats avides de gagner, et qui se soucient peu des suites : il ne manqua pas de ceux-là, et, quand il crut pouvoir commencer ce procès, il éclata en mauvaise humeur sur son voyage, et envoya un exploit au duc de Rohan, sans aucune civilité préalable4. Cet exploit concluoit à ce que ses enfants et leur postérité eussent à quitter le nom et les armes de Rohan, lui seul pouvant porter l'un et l'autre à cause de son titre de duc de Rohan, et, après lui,
avait été antérieurement un des membres du conseil de famille de Saint-Simon, en mai 1694 (ibidem, p. 140, note 2). Rigaud peignit son portrait en 1697.
1. La mode des chevaux anglais commençait seulement à se répandre en France.