au singulier, et un, au masculin, dans le manuscrit
3. Ce prétendu Conan Mériadec, révélé par le chroniqueur Geoffroy de Monmouth (milieu du douzième siècle) et accepté même par les auteurs de Y Art de vérifier les dates, figurait, à côté des ducs de Bretagne et des rois de France, dans la suite de portraits d'ancêtres peinte pour la grande antichambre du palais Soubise. Le document du sixième siècle connu sous le titre de Liber querulus de excidio Britanniœ, par Gildas, et publié en 4525, suffirait à prouver que Conan n'exista jamais; mais, comme son histoire par le P. Toussaint de Saint-Luc (4664) continue même de nos jours à avoir cours en Bretagne, M. Arthur de la Borderie, qui avait déjà traité la question dans la Biographie bretonne de 4852, tome I, p. 406-428, puis dans le recueil de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine (tome XV, année 4884, p. 4-54), vient d'établir définitivement, dans le tome II de son Histoire de Bretagne (4898), p. 444-463, la réfutation de cette fable, réfutation qui, d'ailleurs, avait été commencée dès 4695 par dom Paul le Gallois, un des premiers rédacteurs de YHistoire de Bretagne de Lobineau.
4. Ce Conan, fils d'un prince d'Albanie, soi-disant compagnon du tyran romain Maxime dans sa conquête des Gaules, aurait reçu de lui, en 383, un titre de duc des 2e et 3e Lyonnaises, de la Sénonaise et des deux Aquitaines, puis se serait maintenu souverain indépendant de l'Armorique jusqu'à sa mort, vers 429. On montrait son château de Castel-Mériadec auprès de Saint-Pol-de-Léon, son sarcophage dans la cathédrale de cette ville, et c'est par allusion à lui que les lettres d'érection du duché de Montbazon dirent, en 4588 : « La maison de Rohan, descendue du premier roi de Bretagne, née aussitôt que le nom de la province, par un grand heur et bénédiction, a toujours continué de mâle en mâle depuis douze cents ans, retenant le sang et mérite de son premier tige et érecteur, tellement qu'elle se peut justement
et les mâcles1 de Rohan ne ressembloient en rien au nom de Bretagne. ni aux armes de Bretagne2, et aucun3 titre qui les en pût approcher; nul moyen de sortir de la dernière race des
dire avoir été autant honorée par tous les potentats de la Chrétienté que maison qui soit aujourd'hui, car, en la Bretagne, où ils étoient les plus connus, outre qu'ils ont toujours eu cet honneur particulier de couronner les rois du pays tant qu'ils ont duré, et, après eux, les ducs, qui recevoient d'eux la couronne avec actions de grâce, les mâles de ladite maison de Rohan ont, par plusieurs fois, épousé les filles de Bretagne.... » V Histoire généalogique, qui donne ces lettres (tome IV, p. 46), ne prononce pas cependant le nom de Conan. Quant à la descendance de celui-ci et à l'extraction des Rohan, comme on l'a vu dans notre tome V, p. 183, note 4, elles ne ressortaient que d'une prétendue charte de 1088 rapportée par d'Argentré. La valeur de cette pièce est discutée dans le manuscrit de dom Morice, MM 759, fol. 5-10; elle était tirée d'un manuscrit, authentique à la vérité, le Livre des osts du Duc, conservé à la Chambre des comptes de Bretagne, mais dans lequel la phrase vicecomes de Rohanno qui descendit de linea Conani, Brilonum régis, paraissant avoir été ajoutée après coup, on la biffa en 1680. En décembre 1682, le prince de Soubise et la princesse de Guémené obtinrent de démontrer l'authenticité du passage condamné au moyen d'une copie qui avait été délivrée au vicomte de Rohan, en 1587, par la Chambre, et de l'original de la Chronique de Saint-Brieuc, où la charte entière était reproduite. L'intendant Béchameil de Nointcl, trop complaisant, se laissa convaincre, et, dix ans plus tard, en mars 1692, le Roi, étant en son Conseil, finit par ordonner que la phrase vicecomes, etc., fût rétablie dans le Livre des osts, avec adjonction de la copie de 1587, du procès-verbal de l'intendant et de l'arrêt du Conseil rendu en conformité. Néanmoins, il ressort d'une lettre de 1729 publiée par M. de la Borderie, que dom Morice lui-même se refusait à accepter la charte de 1088 en cet état; Monsieur de Strasbourg (ci-après, p. 173) lui ayant imposé par pure convenance de la défendre, le bénédictin persista à faire des réserves.
1. Tome V, p. 219. A propos du commentaire que j'avais placé en cet endroit, M. Kerviler a fait paraître une note dans le Polybiblion d'octobre 1886, p. 351. Les mâcles, dit-il, seraient des pierres particulières au pays breton ; des cailloux du pays de Léon, selon le Mercure d'avril 1684, p. 191. Il y a aussi des mâcles à Carlsbad, en Bohême.
2. Un écu d'hermine plein. Les Soubise faisaient alterner une moucheture d'hermine avec la mâcle sur les reliures de leurs livres, tels que le manuscrit de dom Morice : Arch. nat., MM 758 et 759.