Aucun est en interligne, au-dessus de nul, biffé
ducs issus par mâles de la branche de Dreux de la maison de France1. Celle de Rohan, si connue, si ancienne, si illustre en Bretagne2, n'en étoit jamais sortie avant Louis XI, et on a vu, dans ce que j'en ai rapporté3, qu'elle n'y a jamais eu de distinction ni d'avantages sur les autres grandes maisons du pays, ni par leurs aînés, ni par leurs cadets, que ceux du rang de la vicomte de Rohan aux états, plus que balancé par celui de Laval *, ou plutôt de Vitré, c'est-à-dire rang de terre, non de naissance5, quoique gendres et beaux-frères des ducs de Bretagne, et grandement établis en grands biens, en premiers emplois et en
1. Pierre de Dreux, dit Manclerc, petit-fils de Robert de France, comte de Dreux, qui était troisième fils du roi Louis le Gros (tome X, p. 142), devint duc de Bretagne en épousant, en 1213, Alix de Bretagne, dernière héritière des comtes de cette province par sa mère Constance, fille de Conan IV ; et de cette origine vint, au huitième degré, la duchesse Anne, qui apporta la Bretagne à la France par ses deux mariages successifs avec Charles VIII et Louis XII. Du Tillet a parlé de ce rameau de la dynastie française dans son Recueil des rois de France, p. 77-87, et André du Chesne a publié une Histoire généalogique de la maison royale de Dreux.
2. La première des maisons privilégiées, disait le cardinal de Retz, et d'Hozier, dans ses mémoires de 1706 (ms. Clairambault 719, p. 36) : « S'il n'est pas sûr que ce soit la descendance directe des ducs de Bretagne, c'est du moins le plus illustre et le plus noble sang de cette province, et l'un des premiers du Royaume, car tout est grand dans cette maison. »
3. Tome V, p. 189-191. Comparez le début de la notice du duché de Montbazon qui a été publiée, postérieurement à notre tome V, dans le tome VIII des Écrits inédits, p. 89 et suivantes.
4. Voyez les manuscrits de la bibliothèque de Laval cotés 87-90 dans le Catalogue général des manuscrits, tome IV, p. 364-365, et la publication commencée depuis 1895 par M. Bertrand de Broussillon : la Maison de Laval. Il sera longuement parlé des Laval dans notre tome X\ .
5. Sur cette contestation des Rohans contre les la Trémoîlle, on peut voir les pièces indiquées dans notre tome V, p. 180, note 7, les factums imprimés en 1651, les papiers du président Lamoignon (ms. Rouen 2032), les Historiettes de Tallemant des Réaux, tome III, p. 443- M, les pièces de 1420, 1451, 1458 et 1477 rapportées dans les Preuves de dom Morice, MM 759, p. 549-550, 645-647, 682-ONï h 711-717, et ce que notre auteur a dit dans sa notice Montdazox, p. 91.
hautes alliances1. Un bénédictin nommé Lobineau fit en ces temps-ci une Histoire de Bretagne*. Monsieur de Strasbourg y voulut faire insérer ce qu'il lui convenoit3 : le moine résista4, et souffrit une persécution violente, et même publique, sans qu'il fût possible de le vaincre; mais enfin, las des tourments et menacé5 de pis encore, il vint à capitulation : ce fut de retrancher tout ce qui 6 pouvoit déplaire et nuire aux prétentions7. Ces retranchements furent in-
1. Le P. Griffet, en discutant les assertions de Fontenay-Mareuil et de Mme de Motteville dans son Traité des preuves, p. 417, 418, 422 et 423, a dressé un tableau de ces alliances avec les maisons princières et souveraines et représenté le train presque royal de la maison de Rohan, dont témoignent d'ailleurs les documents réunis par dom Morice (Arch. nat., MM 759, p. 753-766,912-921, etc.); mais ensuite Griffet reproduisait ^es fausses légendes de Conan, de saint Mériadec et de saint Brieuc.
2. Guy-Alexis Lobineau, né à Rennes le 9 octobre 1667, entré dans la congrégation de Saint-Benoit en 1683, s'étant consacré entièrement aux travaux historiques, et particulièrement à la reconstitution des annales de sa province, les états bretons le choisirent pour leur historiographe le 2 décembre 1707. C'est alors que parurent aux frais de la province les deux volumes d'une Histoire de Bretagne composée sur les actes et auteurs originaux qui avait été commencée par dom le Gallois et achevée par Lobineau. Les théories de celui-ci sur l'époque de Tévangélisation du pays et sur sa mouvance du royaume de France l'entraînèrent dans des polémiques fort vives, où il n'eut point le dessus, Vertot étant allé jusqu'à le dénoncer comme coupable de pactiser avec la rébellion des Bretons contre le Régent. Lobineau mourut à l'abbaye de Saint-Jacut le 3 juin 1727. Un monument a été élevé récemment en son honneur auprès de l'abbaye, et M. de la Borderie a prononcé son éloge à cette occasion.
3. En 1704. — 4. Même contre ses supérieurs Mabillon et Ruinait.
5. Avant menacé, l'auteur avait écrit craig[nant], puis l'avait surchargé en mcna[cé), et, finalement, il a biffé ce participe.
6. Il avait écrit d'abord : que, l'a corrigé en qu'il, et a biffé ce qu'il pour récrire ensuite qui.
7. Il dressa une généalogie des maisons de Rohan et de Porhoct pour la comprendre dans son Traité des barons île Bretagne, dont le manuscrit est à la bibliothèque de Rennes et à la Bibliothèque nationale, ras. Fr. 16824, fol. 1-69, et, plus tard, son adversaire dom Morice plaça celle filiation en tète de sa propre Histoire de Bretagne.
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finis : il les disputa pourtant pied à pied avec courage; mais, à la tin, il fallut céder, et insérer faussement du Mériadec malgré tout ce qu'il put dire et faire pour s'en défendre1. Il s'en plaignit à qui le voulut entendre; il fut bien aise, pour sa réputation, que la violence ouverte de ces mutilations et de ces faussetés ajoutées par force2 ne fût pas ignorée3. Il en encourut pour toujours la disgrâce des Ilohans, qui surent lui en faire sentir la pesanteur jusque dans le fonds de son cloître, et qui ne s'en sont jamais lassés4. L'abbé de Gaumartin, mort évêque de Blois5, à qui le moine disoit tout, me l'a conté dans le temps6, outre que la chose devint publique7. Avec ces
1. Tout ce qui précède, depuis et insérer, est en interligne.