Catherine Deshayes : tome II, p
2. Marie-Madeleine Daubray, fille du lieutenant civil de Paris, née le 22 juillet 4030 (?), mariée le 20 décembre 4051 à Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, ancien chevalier de Malte et mestre de camp du régiment de Normandie de 4653 à 4657, fut brûlée en place de Crève le 16 juillet 4076 (Jal, Dictionnaire critique, p. 283). Les pièces des deux procès de cette célèbre empoisonneuse et de la Voisin sont aux Archives nationales (interrogatoire exposé au musée, n° 874) et dans les archives de la Bastille conservées à la bibliothèque de l'Arsenal; un volume de fragments et la relation du confesseur de la Brinvilliers se trouvent au Cabinet des manuscrits, et il y a des factums imprimés à la Bibliothèque nationale, dont quelques-uns ont été reproduits dans les Archives curieuses. Le procès fut publié dès l'année même, sous le couvert de B. Van Dyck, à Cologne ; cent ans plus tard, Richer l'a compris dans ses Causes célèbres, et il vient encore d'être le sujet d'un discours de conférence prononcé par M. Marcel Cornu le 45 décembre 4894. Feu M. Pierre Clément avait consacré aux Poisons une partie de sa Police sous Louis XIV.
3. Il est possible que cette appellation eût été primitivement donnée à des tribunaux spéciaux qui, pour juger des criminels de grande extraction, siégeaient dans une pièce toute tendue de noir et éclairée seulement par des torches, comme le prétend le Mercure d'avril 4679, p. 330; mais, si elle fut appliquée aussi à la chambre établie près le parlement de Paris, de 4540 à 4550, pour juger les fauteurs de l'hérésie nouvelle, puisa celle dont, en 4591 (Journaux de P. de VEstoile, tome V, p. 428), le curé ligueur de Saint-Benoît réclama la formation « pour connoitre du fait des hérétiques, fauteurs ou adhérents, traîtres et conspirateurs contre la religion, l'État et la ville de Paris, » et enfin à la commission dont parle ici notre auteur, c'est que celle-ci et les précédentes condamnaient leurs justiciables au supplice du feu, ainsi qu'il le dit. Toutefois, dans le siècle suivant, on appela encore de même des chambres de justice qui jugeaient des contrebandiers passibles seulement des galères. — Depuis le règne de Louis XIII, les «chambres ardentes » siégeaient à l'Arsenal comme les autres commissions extraor-
fut une veine de faussaires, qui devinrent si communs, qu'il fut établi une chambre composée de conseillers d'État, de maîtres des requêtes et de conseillers au Parlement, qui tint ses séances à l'Arsenal, uniquement pour juger ces sortes d'accusations et de procès2. Cela suffira maintenant jusqu'à ce que j'aie expliqué ce qui en arriva à la maison de Bouillon, mais qu'il faut traiter de plus haut, et l'expliquer avec l'étendue uniquement nécessaire pour l'entendre3.
dinaircs, en raison de la proximité de la Bastille, et c'est là qu'avaient été jugés, dans le principal appartement proche le grand salon, le surintendant de la Vieuville en 1624, les ennemis du cardinal de Richelieu en 1628, Berthault et Ricous en 1653, Foucquet et ses coaccusés en 1663, le chevalier de Rohan en 1674. Les découvertes faites au cours du procès de Mme de Brinvilliers décidèrent Louis XIV à instituer, le 7 avril 1679, une chambre de justice spéciale, celle qu'on appelle la Chambre des Poisons, qui fonctionna à l'Arsenal jusqu'en juillet 1682 et jugea deux cent vingt-six accusés, dont trente-six furent pendus, décapités ou brûlés, le reste confinés en prison, exilés ou envoyés aux galères. L'histoire de cet énorme procès, où furent compris bien des personnages considérables de l'un et l'autre sexe, a été faite, de notre temps, par Paul Lacroix, par Pierre Clément, par A. Fouquicr, par Fr. Ravaisson, par M. Loiselcur; mais les dossiers de la Chambre, transférés en 1765 seulement à la Bastille, aujourd'hui à l'Arsenal, n'ont pas encore été utilisés complètement, non plus que les papiers de M. de la Reynie : M. Fr. Funck Brentano vient d'en commencer l'étude clans la Revue de Paris. — Une chambre ardente fonctionna encore de 1687 à 1689, pour juger « les attentats au Roi et à son honneur, » et il y eut plusieurs exécutions. Enfin c'est à l'Arsenal, en 1692, qu'a eu lieu le simulacre de jugement du marquis de Saissac (notre tome V, p. 121, note).
1. L'initiale majuscule de Cons™ corrige le commencement d'une M.