Dangeau, p. 173; Sourches, p
2. Le mot attribué au Roi, en cette occasion, par Voltaire (Siècle de Louis XIV, p. 364) et répété dans le chansonnier du Nouveau siècle (tome III, p. 193) : « Monsieur le maréchal, on n'est pas heureux a notre âge, » n'est rapporté ni par Dangeau, ni par notre auteur, ni par les Mémoires de Sourches, qui disent que « le maréchal fut bien reçu du Roi, mais parut à tout le monde extrêmement triste. » M. Emile Bourgeois, dans son commentaire du Siècle, estime que c'est une adaptation du mot de Charles-Quint après le siège désastreux de Metz, ou de cette phrase d'une des lettres de Louis XIV à Philippe V : « Nous n'avons pas été heureux en Flandre. » Même doute pour l'apostrophe absolument semblable, au vaincu de Turin, que notre auteur rapportera ci-après, p. 95.
3. C'est Dangeau qui rapporte cel». — 4. De corrigé en des. 5. Dangeau, p. 179. — 6. Voyez notre tome XIII, p. 381.
7. (le mot, que ne donnait pas le Dictionnaire de V Académie, a été relevé par Littré dans Ambroise Paré.
MKMOIUKS Wt SAINT-SIMON. \IV -)
Villeroy
à Versailles
sans avoir vu
Vendôme,
et ne voit
point
Chamillart,
avec qui
il se brouille,
et tombe en disgrâce.
disposition si étrange, qui lui avoit tourné la tête ensuite, et qui lui avoit fait abandonner toute la Flandre1 par une terreur panique que rien ne put rassurer, pour quatre mille hommes perdus en tout et pour tout à Ramillies2. Ses3 clameurs ne furent écoutées que de quelques amis particuliers, par compassion plus que par persuasion 4 ; personne ne se voulut brouiller avec Chamillart pour un général en disgrâce et en si lourde faute5. Villeroj, déchu de sa faveur et du6 commandement des armées7, perdit toute l'écorce qui l'avoit fait briller, et ne montra plus que le tuf. L'abattement, l'embarras succéda aux grands airs et aux sons des grands mots. Son quartier lui fut pesant à achever : le Roi ne lui parloit que pour donner l'ordre, et pour des choses de sa charge; il pesoit au Roi, il le sentoit, et plus encore que chacun s'en apercevoit ; il n'osoit ouvrir la bouche, il ne fournissoit plus à la conversation, il ne tenoit plus le dé8. Son humiliation étoit marquée dans toute sa contenance; ce n'étoit plus qu'un vieux ballon ridé9, dont tout l'air qui l'enfïoit étoit sorti. Dès que son quartier fut fini, il s'en alla à Paris et à Villeroj, et, jusqu'à ce qu'il recommençât l'année suivante, on le vit très rarement et très courtement à la cour, où